Comment avoir 100% de chance de gagner en bourse

Comment avoir 100% de chance de gagner en bourse

Quel investisseur n’a jamais rêvé de générer des gains à coup sûr ?

Impossible, direz-vous ? Une méthode permettant de générer des gains avec une probabilité de 100% ne peut pas exister, cela serait trop beau pour être vrai.

Effectivement, une telle méthode n’existe pas.

Pourtant, les rendements historiques montrent qu’il est possible d’investir et de toujours obtenir un gain, mais sous une certaine condition.

Quelle est cette condition ? L’horizon d’investissement.

L’horizon d’investissement

Les chiffres montrent qu’à partir d’un horizon d’investissement suffisamment long, les probabilités de gain frôlent les 100%.

Le fameux adage « la bourse monte à long terme » serait ainsi vérifié. Cet adage n’est cependant valable que pour les indices boursiers, et pour cause: la plupart des actions qui composent les indices ne génèrent aucune performance, que ce soit à plus ou moins long terme.

Étudions en détail plusieurs horizons d’investissement afin de voir, pour chacun, quels sont les chances de se retrouver à terme avec un gain.

Nous allons analyser le rendement du CAC40 (l’indice qui synthétise l’évolution des 40 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse), et plus précisément du CAC40 avec dividendes réinvestis, qui est plus représentatif d’un investissement réel sur plusieurs années (ce n’est donc pas celui dont on parle en fin de journal télévisé).

Différents horizons d’investissement appliqués au CAC40

J’ai regroupé les valeurs historiques du CAC40 (de sa création en décembre 1987 jusqu’en avril 2019) selon différents horizons d’investissement. Pour chaque horizon (exemple: deux ans), il y a un certain nombre de périodes sur une base mensuelle (par exemple: le CAC40 a connu 353 périodes de deux ans, chaque période étant séparé d’un mois de la suivante/précédente).

Chaque période débouche soit sur un gain, soit sur une perte. Pour chaque horizon d’investissement, j’ai calculé le pourcentage de périodes qui se sont soldées sur un gain, et le pourcentage de périodes qui se sont soldées par une perte.

La période couverte va de décembre 1987 (création du CAC40) jusqu’à aujourd’hui (avril 2019). Les résultats sont rassemblés dans le tableau suivant:

Horizon d’investissementNombre de périodesPériodes de gainPériodes de perte
6 mois371257 (69,3%)114 (30,7%)
1 an
365253 (69,3%)112 (30,7%)
2 ans353265 (75,1%)88 (24,9%)
3 ans341266 (78%)75 (22%)
5 ans317247 (77,9%)70 (22,1%)
10 ans257233 (90,7%)24 (9,3%)
14 ans209209 (100%)0 (0%)

Observons plus en détail comment varient les probabilités d’obtenir un gain à mesure que s’allonge l’horizon d’investissement.

Six mois

Les probabilités de générer un gain en investissant sur une période de six mois sont de 70%. Par opposition, un investisseur a donc 30% de chance de perdre une partie de son capital en investissant durant six mois sur le CAC40.

  • Meilleure période de six mois: Janvier – Juillet 1988: +52%
  • Pires périodes de six mois: Mars – Septembre 2002: -39%, et Août 2008 – Février 2009: -39% également

Un an

On remarque que les probabilités restent les mêmes pour les périodes de six mois et d’un an: 70% de chance de générer un gain. Cela s’explique par le fait que les cycles économiques durent en général plusieurs années. Que l’on investisse sur six mois ou sur un an ne change donc pas les probabilités de gains.

En revanche, si la perte maximale sur un an n’est guère supérieure à celle sur six mois (-43% contre -39%), le gain maximal double presque (+91% sur un an, qui n’en rêverait pas ? Mais impossible de deviner à l’avance quand survient l’année rêvée…)

  • Meilleure période d’un an: Janvier 1988 – Janvier 1989: +91%
  • Pire période d’un an: Mars 2002 – Mars 2003: -43%

Deux ans

Les probabilités de gains commencent à s’améliorer avec un horizon d’investissement de deux ans, qui permet d’espérer un gain les 3/4 du temps.

Investir sur deux ans est une période suffisamment longue pour ne plus être impacté par les petits retournements de marché, et par les marchés baissiers les plus courts comme au début des années 90, en 2015-2016 ou encore fin 2018.

  • Meilleure période de deux ans: Janvier 1988 – Janvier 1990: +124%
  • Pire période de deux ans: Septembre 2000 – Septembre 2002: -54%

Trois ans

Avec un horizon d’investissement de trois ans, les probabilités de gains s’améliorent encore en atteignant presque les 80%. La crise de la dette des pays européens en 2011-2012 n’est plus remarquée, et pour cause: trois ans plus tôt, le monde était secoué par la crise des Subprimes, dont les conséquences ont été bien plus violente sur les marchés.

  • Meilleure période de trois ans: Décembre 1996 – Décembre 1999: +175%
  • Pire période de trois ans: Mars 2000 – Mars 2003: -56%

Cinq ans

Un horizon d’investissement de cinq ans n’améliore pas les probabilités de gains par rapport à un horizon d’investissement de trois ans. Cela peut s’expliquer par la violence des baisses survenues en 2001-2002 et en 2008. Laisser deux années de plus au CAC40 n’est toujours pas suffisant pour digérer et se rétablir de ces deux crises (autrement dit, pour revenir à des valeurs au moins égales à celles d’avant crise).

  • Meilleure période de cinq ans: Février 1995 – Février 2000: +296%
  • Pire période de cinq ans: Mai 2007 – Mai 2012: -40%

Un horizon de cinq ans permet néanmoins de réduire la perte maximale réalisable (de -56% à -40%). L’horizon d’investissement commence à être suffisamment long pour produire des effets positifs en limitant la volatilité à la baisse.

Dix ans

Sur une décennie, la probabilité de générer des gains atteint 90%. Cela peut paraître être un score élevé, mais d’un autre côté, l’investisseur a quand même toujours 10% de chance de se retrouver avec un investissement perdant dix ans plus tard.

Cette période d’investissement est suffisamment longue pour absorber la volatilité de la crise des valeurs technologiques (2001-2002) et les quelques années nécessaires à l’indice pour revenir au niveau d’avant-crise. Toutes les périodes de dix ans qui comprennent cette crise (et uniquement celle-là, sans les Subprimes donc) ont quand même généré des gains.

Cependant, les investissements réalisés en 2000 sur le CAC40 sont tous perdants 10 ans plus tard, en 2010. Cela est lié à la fois à la crise de 2008 et aux plus hauts historiques atteints par l’indice à la fin de l’été de l’an 2000, juste avant l’explosion de la bulle technologique.

Les investisseurs ayant investi sur le CAC40 entre 2000 et 2010 n’ont donc pas eu de chance puisqu’en l’espace de dix ans, ils auront connu les deux plus grandes crises depuis le choc pétrolier de 1973.

Cette décennie (2000-2010) est d’ailleurs couramment appelée la décennie perdue.

  • Meilleure période de dix ans: Septembre 1990 – Septembre 2000: +453%
  • Pire période de dix ans: Août 2000 – Août 2010: -28%

Il est intéressant de noter que la meilleure décennie de l’histoire du CAC40 (1990-2000) a été immédiatement suivie par la pire (2000-2010).

Quatorze ans

Un horizon d’investissement de quatorze ans est la période minimale qui assure, historiquement, un retour sur investissement positif dans 100% des cas avec le CAC40.

Durant son existence, le CAC40 a connu 209 périodes de quatorze années (sur une base mensuelle). Ces 209 périodes ont toutes permis de générer des gains. Il ne faut cependant pas s’arrêter à ce score de 100%. Il existe une grande disparité dans l’éventail des gains obtenus sur ces différentes périodes de quatorze années. Jugez plutôt:

  • Meilleure période de quatorze ans: Janvier 1988 – Janvier 2002: +632%
  • Pire période de quatorze ans: Juillet 2000 – Juillet 2014: +4%

4% de gains réalisés sur quatorze ans, c’est extrêmement peu. D’un autre côté, entre 2000 et 2014, le CAC40 a été secoué par trois crises majeures: l’explosion de la bulle Internet, les Subprimes, et la crise de la dette européenne.

Distribution des valeurs extrêmes

Distributions des rendements du CAC40 selon l'horizon d'investissement

Si l’on compare, pour chaque horizon, les meilleures périodes et les pires (graphique ci-dessus), on peut observer deux choses:

  • Plus l’horizon d’investissement est long, plus il devient possible de générer un gain élevé. Je dis « possible » et non probable car il s’agit d’un valeur extrême. Ce « meilleur » gain possible semble relativement proportionnel à la durée d’investissement.
  • La perte maximale qu’il est possible de subir augmente avec l’horizon d’investissement jusqu’à la durée charnière de trois années. Au-delà de cet horizon temporel, plus l’horizon d’investissement sera long, plus la perte maximale possible diminue, jusqu’à disparaître pour les périodes de quatorze an et plus.

Jusqu’à un horizon de trois ans, la volatilité des performances croît tant positivement que négativement. Mais au-delà de trois ans, il devient de moins en moins probable de subir une perte importante. Trois ans correspond à peu près à la durée d’un cycle économique, raison pour laquelle une période plus longue contiendra plusieurs cycles économiques, qui lisseront les pertes potentielles.

Les valeurs extrêmes ainsi que la performance moyenne par période sont détaillées dans le tableau suivant:

Horizon d’investissementGain maximalPerte maximalePerformance moyenne
6 mois52%-39%5%
1 an91%-43%11%
2 ans124%-54%21%
3 ans175%-56%32%
5 ans296%-40%56%
10 ans453%-28%124%
14 ans632%4%164%

Conclusion

Lorsque l’on investit sur des actions, il peut y avoir des périodes de plus dix ans pendant lesquels le marché ne progresse pas, et peu même être en recul.

Si ce fait ne contredit pas l’adage selon lequel « la bourse monte toujours à long terme », nous sommes en tant qu’investisseur confrontés à deux choix:

  • Élargir son horizon d’investissement pour maximiser ses chances de gains. Mais qui serait psychologiquement capable de maintenir une stratégie perdante pendant 10 ans en se répétant simplement que la bourse finit toujours par monter ? Probablement personne, d’autant que les rendements varient énormément selon la période de l’investissement.
  • Diversifier ses investissements dans plusieurs classes d’actifs (et donc ne pas tout investir dans des actions). Une stratégie diversifiée composée d’actifs qui ne sont pas corrélés protège historiquement l’investisseur contre les événements de type « décennie perdue ».

À vous de choisir !

Il serait intéressant d’effectuer la même étude sur un autre indice, afin de voir l’impact des différents horizons d’investissement sur les gains et pertes. Je pense dans l’immédiat au Dow Jones, un indice américain dont les données remontent sur plus d’un siècle (ce qui rendrait l’étude particulièrement intéressante), et qui couvre l’économie d’un autre pays, les États-Unis.

Je ferai donc très probablement et prochainement une étude similaire sur le Dow Jones.

Sources: investing.com pour l’historique des valeurs du CAC40 avec dividendes réinvestis

Ps: Les données du CAC40 que j’ai traité et rassemblé par périodes de temps sont disponibles sur simple demande, au format Libre Office (.ods).

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2 commentaires sur “Comment avoir 100% de chance de gagner en bourse

  1. Quelque soit la stratégie, je pense que voir sur le long terme est ce qu’il y a de plus important (à moins d’être un trader). Mais ce n’est pas ce qui est le plus simple à faire. Et malgré notre vision à long terme, notre stratégie doit pouvoir nous apporter des résultats au bout de quelques mois ou sinon je pense qu’il y a sûrement quelque chose à revoir. Merci pour ton article !

    1. Merci pour ton commentaire ;-). Si on est trader ou investisseur actif on cherchera à avoir des résultats à court terme et à adapter sa stratégie en fonction des résultats.

      Si en revanche on investit à long terme avec une stratégie qui a fait ses preuves sur plusieurs décennies, une baisse sur quelques semaines ou mois ne doit pas avoir d’impact émotionnel ni engendrer une remise en cause de la stratégie.

      Les rendements sont quasiment aléatoires à court terme, c’est pour ça qu’il ne faut pas suivre au jour le jour un investissement à long terme.

      L’important c’est de bien définir son niveau de risque et son horizon d’investissement afin d’avoir l’approche la plus sereine possible pour soi.

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