Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse

Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse - Peter Lynch

Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse … de Peter Lynch, 2013, 280 pages.

Titre original : One Up On Wall Street – How To Use What You Already Know To Make Money In The Market.

Le livre en une phrase : Peter Lynch démystifie l’investissement en bourse en dévoilant sa méthode simple pour trouver les actions les plus profitables.

Les meilleures sociétés finissent toujours pas réussir, les médiocres à échouer, et leurs investisseurs respectifs à être récompensés en conséquence.

INTRODUCTION : LES AVANTAGES DE L’ARGENT BÊTE

L’investisseur amateur a de nombreux avantages innés qui, exploités, devraient l’aider à faire mieux que les experts, et que le marché en général.

Il est vain de suivre l’avis des professionnels : ils peuvent se tromper; et même en ayant raison, vous ne saurez jamais le moment où, changeant d’avis, ils auront revendu.

Il est plus judicieux d’essayer de trouver un « 10-bagger », c’est-à-dire une action qui rapporte dix fois sa mise. Ce type d’action peut faire toute la différence dans un portefeuille, même si vous n’en trouvez une qu’une fois sur dix.

Les 10-baggers ne sont pas des actions de sociétés dont personnes n’a entendu parler. Elles font souvent déjà parti du paysage, et ont déjà une notoriété : Wal-Mart, Subaru et Apple ont été des 10-baggers.

Des sociétés comme l’Eggs ou The Limited ont été des succès commerciaux, et ont acquis une forte renommée auprès des consommateurs, plusieurs années avant de se voir recommandées par les experts de Wall Street (leur tendance haussière était alors déjà terminée).

Wall Street vous poussera toujours à investir dans des sociétés que vous ne connaissez pas. Vous avez bien plus de chance de trouver un futur gagnant en bourse dans un magasin ou en testant un produit.

Mais repérer une action avec du potentiel ne suffit pas :

Trouver une société prometteuse n’est que la première étape. La suivante sera la recherche.

PREMIÈRE PARTIE : SE PRÉPARER À INVESTIR

Comment dénicher les bonnes actions

Les petits investisseurs ont tendance à être pessimistes ou optimistes aux mauvais moments. Ainsi court-on à l’échec en essayant d’investir dans un marché favorable et de se retirer dans un marché en baisse.

Peter Lynch, issu d’une famille réfractaire à la bourse, a découvert, en étant caddie sur un parcours de golf, que certaines personnes semblaient gagner de l’argent en bourse.

Lors d’un stage chez Fidelity, il découvrit que l’analyse quantitative et les théories comme l’efficience du marché qui étaient enseignées dans son université, ne correspondaient à pas à ce qu’on pouvait observer sur le marché.

Investir relève en réalité plus de l’art que de la science, et il n’existe aucune formule mathématique pour dénicher des actions.

Les oxymorons de Wall Street

Il est rare que des investisseurs professionnels, qui sortent presque tous du même moule et pensent à l’identique, investissent dans de petites valeurs inconnues des analystes.

Entre l’opportunité de faire un gros bénéfice inattendu avec une société inconnue et l’assurance de ne faire qu’une faible perte sur une société connue, le gestionnaire normal choisi la seconde solution.

Les gérants peuvent difficilement faire leurs propres choix, et les valeurs sélectionnées doivent être approuvées par leurs directions. Cela les conduit à un comportement moutonnier.

Les règlements internes peuvent compliquer l’accès des professionnels à certains secteurs, ou aux sociétés n’ayant pas de syndicat.

Les règlements externes (de la SEC) limitent la détention d’une société à 10% de son capital. Ainsi, plus un fonds est gros, plus il lui est difficile de performer.

Si vous demandez à une banque de gérer votre argent, attendez-vous à des résultats médiocres dans la plupart des cas.

Pour toutes ces raisons, l’investisseur amateur est avantagé par rapport au professionnel.

S’agit-il d’un jeu de hasard, oui ou non ?

Les fonds obligataires permettent aujourd’hui d’investir facilement dans des obligations. Cependant, leur rendement moyen à très long terme reste inférieur à celui des actions : 5%/an depuis 1927, contre 9,8%/an pour les actions.

Vous ne trouverez jamais un 10-bagger dans une obligation.

Les actions sont bien sûr risquées, et les sociétés qui disparaissent ne se comptent plus. Mais les obligations ne sont pas sans risques non plus, car elles dépendent des taux d’intérêt.

Au fil de l’histoire, les actions ont tantôt été considérées comme des investissements sûrs, tantôt comme des paris risqués. Pourtant, le risque est moins lié au type d’actif qu’à la manière d’investir, et de le faire au moment opportun.

Les risques viennent plutôt des investisseurs que des catégories.

Les gagnants en bourse acceptent l’incertitude et les revers occasionnels. Ils savent qu’à long terme, investir avec méthode portera ses fruits.

Le test du miroir

Avant de commencer à acheter des actions, il est nécessaire de répondre à ces trois questions :

  1. Suis-je propriétaire de ma maison ? Contrairement aux actions, les maisons ne font pas faillite. De plus, l’effet de levier de l’endettement permet de n’avancer que le cinquième de la somme. Une maison vous assure aussi un toit sur votre tête, ainsi qu’une protection contre l’inflation.
  2. Ai-je besoin de cet argent ? N’investissez jamais de l’argent dont vous pourriez avoir besoin prochainement dans des actions. Les rendements boursiers sont relativement prévisibles sur 20 ans, mais aléatoires sur 2 ou 3 ans.
  3. Ai-je les qualités qui me permettront de réussir ? L’évolution du marché contredit souvent le sentiment des investisseurs. Il est important de savoir résister à ses convictions, d’ignorer la panique. Préférez plutôt l’humilité, le détachement, et la discipline d’investir uniquement en fonction des fondamentaux.

Le marché est-il bon ? Soyez gentil, ne posez pas la question

Il n’est pas nécessaire de lire l’avenir pour gagner de l’argent.

Aucun économiste ne peut prédire le marché. Les investisseurs ont tendance à vouloir se préparer pour la dernière récession, par peur de la revivre, alors que la prochaine ne lui ressemblera probablement pas.

Les tentatives d’anticiper le marché sont donc toujours hasardeuses, et souvent vaines et improductives : tous ceux qui revendent leurs actions après un krach important se privent d’eux-mêmes du marché haussier qui suivra.

Même s’il était possible d’anticiper l’évolution du marché, ou de certains secteurs, ce ne serait pas suffisant pour être assuré de gagner. Certaines actions performent très bien à contre-courant du marché, tandis que d’autres plongent quand leur secteur est en croissance.

J’ai gagné de l’argent dans des marchés maussades, et vice versa. Plusieurs de mes 10-baggers préférés ont fait leurs preuves dans un marché en déclin.

DEUXIÈME PARTIE : TROUVER LES GAGNANTS

Traquer les 10-baggers

Le meilleur endroit pour commencer ses recherches est près de chez vous.

Toutes les sociétés à succès ont commencé quelque part, en un lieu. Et il y avait alors des personnes présentes pour constater ces succès naissants, et ce bien avant que Wall Street ne s’en rende compte.

Peu importe où vous vivez et l’âge que vous avez, vous avez déjà croisé un futur 10-bagger.

On croit que les actions gagnantes seront forcément dans un secteur auquel on ne comprend rien, car l’investissement ne peut pas être si simple.

Or, selon notre domaine professionnel, nous avons des atouts : nous connaissons des produits mieux que quiconque, et nous savons ce qui est en train de marcher.

Un observateur attentif peut enregistrer un changement de tendance six à douze mois avant les analystes financiers. Cela lui donnera une avance incroyable pour prévoir une augmentation des bénéfices – (…) qui font flamber les cours.

Vous avez donc un avantage sur Wall Street et ses experts lorsque vous investissez dans des choses que vous connaissez.

Je l’ai, je l’ai ! Qu’est-ce que c’est ?

Trouver une action intéressante ne veut pas dire l’acheter directement.

Investir sans recherche revient à jouer au poker sans regarder les cartes.

Si vous trouvez un produit à succès, demandez-vous quel sera son impact sur les bénéfices de la société qui le fabrique.

Ce ne sont pas dans les grosses sociétés que se trouvent des 10-baggers : ces compagnies sont déjà énormes, et leur potentiel de croissance est plus faible.

C’est la croissance qui propulse les cours.

Les six catégories suivantes permettent de classer l’action que vous avez repéré :

  1. Les valeurs à croissance lente (ou limaces) : ce sont souvent des sociétés de grande taille, qui ont pu être à forte croissance dans le passé. Elles ont atteint une sorte de plafond dans la croissance de leurs bénéfices (de 2 à 3%/an), ou bien leur secteur est en berne. Elles aiment distribuer de gros dividendes (exemple : General Electric).
  2. Les valeurs sûres (ou piliers) : des entreprises milliardaires dont le bénéfice croît plus vite (10 à 12%/an) que les valeurs à croissance lente, car leur secteur reste attractif et leurs bénéfices sont peu affectés par les crises (exemple : Coca-Cola, Kellogg).
  3. Les valeurs à croissance rapide : des petites entreprises ayant une croissance de 20 à 25%/an. Les 10-baggers sont parmi celles-là. Leur forte croissance se poursuit jusqu’à ce qu’elles atteignent une taille qui les empêchent de grossir aussi vite (exemple : Marriott, Wal-Mart).
  4. Les cycliques : elles prospèrent dans une économie forte, mais souffrent beaucoup lors des crises, et peuvent chuter très lourdement. Elles sont risquées car elles sont connues, et on les confond souvent avec des piliers (exemple : Ford, American Airlines).
  5. Les sociétés en voie de redressement : elles n’ont plus aucune croissance, et leur cours s’est effondré. Ce sont des 10-baggers en puissance. Cependant, leur redressement n’est pas assuré (exemple : Chrysler, Merck).
  6. Les jeux d’actifs : des entreprises ayant des réserves d’actifs (immobilier, terrains, brevets, nombre d’abonnés) qui peuvent se trouver un jour fortement valorisés par l’exploitation de ressources, la construction de complexes commerciaux, le développement de services (exemple : Union Pacific, Télécommunications Inc.).

Les sociétés peuvent passer d’une catégorie à l’autre au cours de leur vie. MacDonald’s est une société de croissance en train de se constituer un jeu d’actifs immobilier avec ses points de vente.

En classant les sociétés, vous commencerez à savoir à quoi vous attendre, et combien de temps les conserver.

Rien ne sert de traiter une jeune société comme Wall-Mart comme une valeur sûre, en la vendant après un gain de 50%, alors qu’elle a de bonnes chances de vous en offrir 1000%.

L’action parfaite

« N’importe quel idiot peut diriger cette affaire » est une des caractéristiques de la société parfaite.

Si la société parfaite devait exister, elle aurait 13 qualités :

  1. Elle a un nom sans intérêt ou ridicule : personne ne prête attention à ce genre d’actions, ni ne veut la détenir en portefeuille.
  2. Son activité est ennuyeuse : « les oxymorons » de Wall Street ne s’intéressent pas aux entreprises ennuyeuses, ce qui laisse le temps de les acheter à bas coût.
  3. Son activité est désagréable : une qualité encore plus appréciable, qui rebutera les analystes.
  4. C’est une filiale émancipée : les filiales qui se séparent d’une société mère sont généralement mal comprises, mais souvent solides.
  5. Les institutionnels n’en ont pas, et les analystes ne la suivent pas.
  6. Les rumeurs abondent : les rumeurs, fondées ou non, éloignent les investisseurs respectables et favorisent les premiers actionnaires.
  7. Elle a quelque chose de déprimant, par exemple une activité liée à la mortalité.
  8. C’est un secteur sans croissance : les entreprises y ont moins de concurrence, et les investisseurs se focalisent sur les secteurs à forte croissance.
  9. Il y a une niche : des entreprises qui ont acquis une exclusivité, et qui sont indéboulonnable par la concurrence.
  10. Les gens doivent continuer à l’acheter : les produits vendus sont indispensables.
  11. Elle utilise la technologie au service d’autres entreprises : au fil du temps, le coût de la technologie diminue, et les bénéfices augmentent.
  12. Les cadres et dirigeants achètent : c’est un signe de bonne santé économique, et la distribution de dividendes sera plus prioritaire.
  13. La société rachète ses propres actions, ce qui réduit le nombre d’actions en circulation, et augmente mécaniquement le bénéfice par action.

Le meilleur signe avant-coureur de succès d’une action est de voir le personnel investir lui-même dans sa société.

Les actions que j’évite

S’il existe une action à éviter, ce sera (…) celle qui jouit de la meilleure publicité, celle dont tous les investisseurs entendent parler (…) et qu’ils finissent par acheter sous la pression générale.

Les secteurs à la mode attirent toujours une foule de concurrents, qui doivent se partager des bénéfices de plus en plus faibles si aucun brevet ne les protège. Cela a été le cas avec l’industrie de la moquette et des photocopieurs.

Peter Lynch évite aussi les actions d’entreprises qui doivent devenir les prochains « quelque chose » (le prochain IBM, ou le prochain MacDonald’s par exemple), car elles ne le deviennent jamais.

Les « dipiresifications » sont aussi à éviter : des sociétés rentables rachètent des entreprises chères dans des secteurs qu’elles ne maîtrisent pas, au lieu de simplement racheter leurs propres actions, ou d’augmenter leurs dividendes.

Les acquisitions d’autres entreprises peuvent cependant fonctionner, lorsqu’elles sont réalisées avec soin et sur un rythme sain. L’exemple type est Warren Buffett avec Berkshire Hathaway, qui, d’une entreprise textile, est devenue un conglomérat géant.

Un autre type d’actions à éviter sont les actions-rumeurs. Elles fascinent et jouent avec nos émotions, mais tant qu’elles ne font pas de bénéfices, il est prudent d’attendre.

Des bénéfices, toujours des bénéfices, encore des bénéfices

Une action n’est pas un billet de loterie. C’est le titre de propriété d’une parcelle de société.

Les bénéfices d’une société ont une incidence directe sur l’évolution du cours de ses actions. Il y a une forte corrélation entre les deux, même si parfois, un écart se creuse temporairement.

Le ratio cours/bénéfices, ou PER (Price Earnings Ratio), illustre cette relation.

Le PER sert souvent à mesurer si une action est surévaluée, à son juste prix, ou sous-évaluée par rapport au potentiel financier de sa société.

Le PER est aussi égal au nombre d’années nécessaires pour amortir l’achat d’une action (si les bénéfices restent constants).

S’il vaut mieux éviter les actions au PER trop élevé, le PER, seul, ne suffit pas. Il est utile de le comparer à celui des autres actions du même secteur, ainsi que de regarder son évolution historique.

Le PER du marché indique si la majorité des actions sont surévaluées ou non. Elles le sont toujours avant les chutes.

Deux facteurs ont tendance à pousser les PER vers le haut :

  • Des taux d’intérêts bas : les obligations deviennent moins intéressantes, ce qui pousse les investisseurs vers les actions.
  • Un optimisme irrationnel, qui finit par entraîner des chutes sévères.

Le PER a cependant une limite : il est difficile d’anticiper les bénéfices futurs d’une entreprise. Or, le PER intègre déjà ces anticipations dans sa valeur.

Un exercice de deux minutes

Après avoir classé votre action dans l’une des six catégories, puis examiné son PER, livrez-vous à un petit exercice : exprimez à voix haute vos motifs d’intérêt et ce qui devrait assurer le succès de la société.

Ce petit scénario oral devra tenir compte, dans ses arguments, de la nature de l’action (classée dans l’une des six catégories) et de son PER.

Voici quelques questions à évoquer dans votre monologue :

  • Valeur à faible croissance : la société a-t-elle continué d’augmenté ses dividendes, y compris pendant les moins bonnes années ?
  • Valeur cyclique : le secteur de la société est-il à nouveau à l’honneur ? Les ventes remontent-elles ?
  • Jeu d’actifs : « Où sont ces actifs ? Que valent-ils ? »
  • Société en redressement : Comment va-t-elle s’y prendre pour améliorer son sort ?
  • Pilier : Quel est le PER ? « Un évènement peut-il accélérer la croissance ? »
  • Valeur à forte croissance : « Jusqu’où et comment peut-elle continuer à croître à cette vitesse ? »

Trouver les faits

L’étape suivante consiste à obtenir le maximum d’informations de la part de votre courtier : de quelle façon classerait-il l’action ? Quelle est l’endettement et les bénéfices ? Qu’en est-il des dividendes ? Les cadres achètent-ils des actions ? Et les institutionnels ?

Puis, vous pouvez appeler la société. Les sociétés cotées ont un service de relation avec les investisseurs. Montrez un intérêt marqué, et également que vous vous êtes déjà bien renseigné sur les derniers rapports chiffrés. Vous aurez plus de chance qu’on vous réponde sérieusement.

Ce que vous voulez obtenir, c’est la réaction de la société au script que vous avez essayé de développer.

Visiter le siège social d’une entreprise pourra vous donner une impression supplémentaire. S’il est plutôt miteux, c’est bon signe : la société ne gaspille pas son argent inutilement.

Mais n’oubliez pas de valider directement sur le terrain l’engouement pour les produits vendus : visitez des magasins, goutez les produits, soyez à l’affut de l’enthousiasme des clients.

Le lèche-vitrines dans les magasins et la dégustation étaient fondamentaux dans toute stratégie d’investissement.

Dans les rapports annuels, vérifiez que les liquidités dépassent l’endettement.

Ces fameux chiffres

Il y a plusieurs chiffres à connaître :

  • Le pourcentage de vente : si l’on s’intéresse à une société pour l’un de ses produits, quel pourcentage du chiffre d’affaires représente-t-il ? Plus il est élevé, plus grand sera l’impact du produit.
  • Le ratio cours/bénéfice (PER) : que vous pouvez comparer au taux de croissance de la société pour voir si elle est surévaluée ou non.
  • Les liquidités : une société un peu chère mais avec un haut niveau de liquidités par action reste attrayante.
  • Le facteur d’endettement (capitaux propres/endettement à long terme), qui doit être le plus élevé possible.
  • Les dividendes : une société qui distribue des dividendes à moins de chance de gaspiller ses gains dans des « dipiresifications », et son dividende lui assurera de rester attrayante lors des crises. D’un autre côté, les sociétés qui ne versent pas de dividendes peuvent grossir plus vite en réinvestissant leurs gains dans leur croissance.
  • La valeur comptable (les actifs moins les dettes) : attention car elle ne reflète pas toujours la valeur de la société; car la valeur des actifs, s’ils devaient être vendus, est souvent surévaluée. Inversement, des sociétés possédants des parts dans d’autres sociétés peuvent être des grands jeux d’actifs cachés.
  • Le cash flow (marge brute d’autofinancement) : rapporté aux actions, un cash flow libre (après soustraction des dépenses d’investissement) de 10% par action est un minimum.
  • Les stocks : lorsqu’ils s’accumulent, ce n’est pas bon signe. La société risque d’avoir des difficultés à vendre.
  • Les plans de retraite : ils fournissent des avantages aux salariés, mais sont une charge pour l’entreprise. Ils deviennent un danger si les engagements des plans dépassent les actifs.
  • Le taux de croissance : une croissance élevée des bénéfices (15 à 20%/an) peut créer des « big-baggers ».
  • Le bénéfice après impôts : il doit être suffisamment élevé pour que l’entreprise soit solide, mais pas trop pour conserver une marge de progression.

Une nouvelle vérification de l’histoire

La croissance d’une société de fait en trois phases :

  1. La phase de départ et la prise de marque
  2. La phase d’expansion et de conquête de nouveaux marchés
  3. La phase de maturité et de saturation

Vérifiez l’histoire de la société en observant les bénéfices et en visitant les magasins. Cela vous permettra de déterminer les changements de phase de la société.

Lorsqu’une société arrive à maturité et qu’elle a saturé son marché, demandez-vous comment elle pourra continuer de croître.

Après avoir saturé le marché américain, McDonald’s a réussi à poursuivre sa croissance en modifiant sa carte, en installant des drives, et en s’implantant à l’étranger.

D’autres sociétés comme Wendy’s ou The Limited ont buté sur le palier de la saturation, pour ensuite décliner, faute de nouvelles idées pour maintenir leur croissance.

Les vérifications finales

Voici les chiffres les plus importants, quel que soit le type d’action :

  • Le PER, par rapport aux sociétés du même secteur
  • Le pourcentage de participation institutionnelle (faible dans l’idéal)
  • L’achat d’actions par les cadres ou le rachat d’actions par la société
  • La croissance annuelle des bénéfices
  • Le bilan de la société (ratio actif/endettement)
  • Les liquidités par action

En fonction la catégorie de l’action, certains chiffres seront à considérer en priorité :

  • Les valeurs à faible croissance : Le montant du dividende, sa régularité; quel pourcentage des bénéfices représente-t-il ? (le plus bas est le mieux).
  • Les valeurs sûres (piliers) : Le PER (sont-elles trop chères ?); le taux de croissance à long terme; une éventuelle « dipiresification »; le comportement de la société lors des récessions passées.
  • Les cycliques : Les stocks et le rapport offre/demande afin d’anticiper les fins de cycle; la baisse du PER; une éventuelle concurrence nouvelle dans le secteur.
  • Les valeurs à forte croissance : le produit phare doit représenter une part importante du chiffre d’affaires; le taux de croissance des dernières années (dans l’idéal, 20 à 25%/an); la société doit être loin d’avoir saturé le marché; un PER proche du taux de croissance.
  • Les sociétés en redressement : le montant des liquidités et de l’endettement; la société a-t-elle abandonné ses filiales non rentables ? Réduit ses coûts ? Son secteur est-il à nouveau en vogue ?
  • Les jeux d’actifs : La valeur des actifs; la présence d’autres actifs cachés; s’ils sont liés à un endettement (si oui, il faut le déduire de la valeur des actifs); La société s’endette-t-elle ? (Ce qui réduirait la valeur des actifs)

Investissez au moins autant de temps et d’effort pour choisir une nouvelle action que pour choisir un nouveau réfrigérateur.

TROISIÈME PARTIE : VISION À LONG TERME

Constituer un portefeuille

Il est inutile d’attendre un rendement de 30% chaque année.

Certaines années, vous gagnerez vos 30%, mais il y en aura d’autres où vous ne récolterez qu’un maigre 2% ou, qui sait, peut-être une perte de 20%. C’est comme ça et il faut l’accepter.

Les années ne se ressemblent pas, et les mauvaises risquent de vous pousser à abandonner votre stratégie. Pourtant, c’est la consistance dans votre stratégie qui vous assurera un rendement à long terme.

N’oubliez pas de comparer votre performance nette de frais à un indice boursier (type S&P 500), car si vous n’êtes pas capable de faire mieux, autant acheter un indice qui vous procurera un rendement de 9 à 10%/an sans effort.

Pour que l’effort vaille la peine, vous devez obtenir un rendement de 12 à 15%.

Gardez vos actions à long terme, et évitez les achats/ventes fréquentes, car les frais de courtage amputerons votre performance.

Inutile d’avoir trop d’actions en portefeuille (« une diversification stupide est le démon des petits investisseurs »), mais avoir entre 3 et 10 actions est un minimum pour ne pas faire peser trop de risque sur un seul titre.

La répartition de vos actions devra tenir compte du risque de chaque catégorie : les valeurs à faible croissance, les piliers et les jeux d’actifs sont moins risqués que les cycliques, les valeurs à forte croissance et les sociétés en redressement.

Votre âge aura aussi un impact sur votre répartition : vous pouvez vous permettre de prendre plus de risques en étant jeune, car vous aurez le temps de rattraper vos erreurs.

Aussi, évitez de rester « liquide », vous éviterez ainsi de rentrer à contre-temps dans le marché.

Devenir liquide reviens à quitter le marché. Mon idée est de rester dans le marché à jamais.

Évitez les « ordres stop », qui ne protègent en rien et garantissent des pertes. Même les meilleures actions peuvent baisser de 10% avant d’exploser à la hausse.

Considérez plutôt toute baisse comme une occasion supplémentaire d’acheter.

« Quand je perds 25%, j’achète ». Si vous n’arrivez pas à vous convaincre de cela, et à bannir à jamais cette pensée fatale : « Quand je perds 25%, je vends », vous n’arrivez jamais à faire des gains décents avec vos actions.

Le meilleur moment pour acheter et vendre

Il y a deux périodes propices pour acheter :

  • Les mois d’octobre à décembre, qui connaissent souvent de belles chutes. Les investisseurs institutionnels vendent leurs actions perdantes pour rendre leur portefeuille plus présentable, ce qui fait baisser les cours d’actions, y compris pour les sociétés intéressantes.
  • Les effondrements du marché, tous les trois ou quatre ans : même les sociétés les plus saines voient leur cours chuter et devenir de bonnes affaires.

Si vous pouvez rassembler assez de courage et de présence d’esprit pour acheter pendant ces épisodes terrifiants alors que vos tripes vous ordonnent de vendre, vous trouverez des occasions comme jamais vous n’auriez pensé en trouver.

Il y a de nombreuses mauvaises raisons qui nous poussent à vendre, parmi lesquelles : l’avis d’un analyste, le doublement du cours de l’action, la vente d’actions par des employés/cadres de la société.

Faites aussi attention aux roulements de tambour, ces prophéties largement reprises par tout le monde et qui expliquent que le marché va chuter pour telle ou telle raison (masse monétaire, taux d’intérêts, économie surchauffée, hausse du pétrole, variations du dollar, etc). Ce ne sont jamais de bonnes raisons pour vendre.

Si vous savez pourquoi vous avez acheté une action à l’origine, vous aurez systématiquement une meilleure idée du moment auquel lui dire au revoir.

Voici quand vendre :

  • Valeur à faible croissance : elles ont pris entre 30 et 50%, leurs fondamentaux se détériorent, ou le rendement du dividende est trop faible.
  • Pilier : ses résultats sont mitigés, sa croissance ralentie, et son PER est trop élevé par rapport aux sociétés du même secteur.
  • Cyclique : les fins de cycle sont difficiles à cerner, mais des signes comme l’entassement des stocks, une plus forte concurrence ou une baisse de la demande peuvent vous alerter.
  • Valeur à forte croissance : lorsque la société atteint la fin de la deuxième phase de croissance, et que la saturation est proche (les magasins sont présents partout/tout le monde a acheté le produit phare), que le PER devient irrationnel.
  • Société en redressement : lorsque la société s’est redressé, qu’elle n’a plus de problème et a retrouvé son lustre d’antan, et que son PER redevient normal; elle doit alors être reclassée dans une autre catégorie.
  • Jeu d’actifs : ces sociétés sont la cible des raiders/prédateurs (comme Steinberg, Icahn, Boone Pickens ou Trump) qui s’immiscent un jour dans le capital, ou provoquent des OPA, ce qui propulse le cours de l’action; vendez après cette forte hausse.

Les douze choses les plus bêtes (et les plus dangereuses) que l’on dit sur les actions

Un grand nombre de fausses théories, à éliminer de votre esprit, circulent à propos des actions :

  1. Si le cours est déjà tombé aussi bas, il ne peut pas tomber plus bas : des exemples comme Polaroïd, passé de 143$ à 14$ en un an, montrent qu’il n’y a aucune règle qui définie jusqu’où une action peut descendre.
  2. On peut toujours dire quand un cours a atteint son plancher : les investisseurs tentent souvent d’acheter une action qui chute à son cours le plus bas, ce qui est impossible à faire.
  3. Le cours est monté si haut, comment peut-il encore monter ? Tant que les bénéfices continuent de progresser, rien n’empêche le cours d’une action de faire de même (c’est pourquoi vendre après que le cours a doublé est une mauvaise idée).
  4. Ce n’est qu’une action à 3 dollars; qu’ai-je à perdre ? Un cours actuel faible n’est pas moins risqué qu’un cours élevé, car une mauvaise action peut toujours chuter.
  5. Elles finiront bien par repartir : les sociétés peuvent faire faillite, ou elles peuvent ne jamais retrouver leur niveau de prospérité passé.
  6. Il fait toujours plus sombre avant l’aube : les secteurs en difficulté comme les wagons de marchandises, peuvent tomber dans le noir total, sans jamais voir l’aube pointer.
  7. Quand le cours rebondira à 10 dollars, je vendrai : un tel raisonnement se tient souvent pour une action qu’on ne pense plus voir progresser, et dont on souhaite se débarrasser à un prix correct. Il vaut mieux vendre sans attendre.
  8. Pourquoi m’inquiéter ? Les actions conservatrices ne font pas de gros écarts : la société évolue, et les actions autrefois de père de famille comme celles des services publics sont aujourd’hui devenus aussi risquées que les valeurs technologiques.
  9. Trop longue attente fait mourir : même si une société est en croissance, son cours peut rester stable pendant plusieurs années. Si les fondamentaux sont bons, les plus patients finiront par être récompensés.
  10. Imaginez tout l’argent que j’ai perdu. Je ne l’avais pas acheté ! Inutile de vous blâmer pour les occasions manquées, car vous seriez tenté de prendre des risques inutiles pour rattraper des pertes irréelles. Investir sur les marchés financiers demande une attitude positive.
  11. J’ai raté celle-là, j’attraperai la suivante : acheter une action par dépit d’avoir manqué la précédente est rarement un bon raisonnement.
  12. Le cours a monté, j’ai eu raison, ou… Le cours a baissé, j’ai eu tort : les évolutions à court terme après votre achat ne veulent rien dire, et n’augurent pas des perspectives futures.

La hausse ou la baisse d’un cours après que vous ayez acheté vous indique seulement que quelqu’un était prêt à payer plus – ou moins – cher la même marchandise.

Options, futures et vente à découvert

Les produits dérivés comme les futures permettent aux producteurs agricoles et autres matières premières de s’assurer un prix de vente stable.

Cependant, les amateurs de dérivés ont des probabilités de pertes allant de 80 à 95%. Même les casinos offrent de meilleures chances.

L’attrait des options réside dans leur effet de levier, qui promet beaucoup, avec peu. Mais leur prix, leur courte existence qui demande de fréquents renouvellements, et leur caractère aléatoire en font un produit à haut risque.

La possibilité d’un énorme rendement attire les petits investisseurs, frustrés de s’enrichir lentement. Ils préfèrent s’appauvrir rapidement.

Par ailleurs, contrairement aux actions, les dérivés ne participent pas à la croissance de l’économie et au financement des entreprises.

Les futures contribuent aussi aux krachs boursiers, comme celui d’octobre 1987. Présentés comme des assurances, les achats de futures ont entraîné des ventes d’actions, faisant plonger encore plus les cours.

Les dérivés poussent l’investisseur à s’inquiéter des configurations graphiques et des scénarios, au lieu de chercher de bonnes sociétés dans lesquelles investir.

Warren Buffett pense que les futures et les options devraient être illégaux, et je suis tout à fait de son avis.

La vente à découvert consiste à se faire prêter des titres pour pouvoir les vendre, afin de les racheter plus tard, en espérant que les cours auront chuté.

Cette technique permet de parier sur la baisse d’actions qui seraient surévaluées. Le risque étant que si l’action part à la hausse, vous devrez rajouter de l’argent pour couvrir votre position. Si l’action monte trop et que vous n’avez plus assez pour couvrir votre position, vous serez forcé de la clôturer à perte.

Or, il n’existe aucune limite à la hausse d’une action (contrairement aux baisses). La vente à découvert est donc particulièrement risquée.

Ne faites pas comme tout le monde

Le marché, comme les actions, peut, à court terme, évoluer dans la direction opposée aux fondamentaux.

Il y a une multitude de raisons de s’inquiéter sur l’économie, l’avenir du pays, l’état du monde, ou encore la capacité pour les petits investisseurs à réaliser des gains dans un monde financier dérégulé, dominé par les institutionnels et les rachats d’entreprises à coups de millions.

Face à toutes ces situations problématiques pour la société, la bourse pourra sous-réagir, ou sur-réagir. Peu importe, ne faites pas partie de ceux qui réagissent aux évènements.

L’inquiétude et les tentatives d’anticipation du marché ne conduisent jamais prendre de bonnes décisions. Voici les points sur lesquels se concentrer :

  • Il y aura une forte baisse du marché dans les 3 prochaines années, qui sera une grande opportunité d’acheter des titres de sociétés en très bonne forme à un prix très intéressant.
  • L’évolution des cours à court terme ne vous donnera ni tort ni raison, car ils ne veulent rien dire. Cependant, à long terme, ils suivent toujours les fondamentaux et les bénéfices.
  • Les sociétés médiocres dont le cours a chuté, peuvent toujours faire pire.
  • Les cours montent en suivant la croissance des bénéfices, mais toute histoire a une fin, et c’est à vous de la surveiller.
  • Vous louperez plusieurs 10-baggers, mais cela ne vous coûtera rien, ni ne vous empêchera de réaliser de jolis gains.

Pour investir dans des actions, il faut avoir à la base une foi dans la nature humaine, le capitalisme, le pays dans son ensemble, et dans la prospérité à venir.

Mon avis sur « Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse »

« Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse » cherche à démystifier l’investissement. Grâce à son bon sens et à la légèreté de son portefeuille, l’investisseur individuel part gagnant face aux professionnels.

Pour gagner en bourse, il suffirait de trouver des 10-baggers, des actions de sociétés à fort potentiel que vous connaissez et comprenez, avant que le monde ne se rende compte de leur valeur.

Pour nous aider, nous avons déjà des atouts (notre lieu de vie et secteur d’activité), et notre sens de l’observation (regarder autour de nous ce qui fonctionne bien).

Le message du livre est le suivant : investir en bourse est plutôt simple, et on peut réussir, pour peu qu’on s’en donne les moyens et qu’on y consacre un minimum de temps.

Peter Lynch, bien qu’il valorise la sélection de titres individuels, admet cependant que tout le monde n’est pas fait pour choisir des actions, est qu’il vaut mieux, pour certains, investir dans un indice ou dans un fonds commun.

L’auteur est d’ailleurs connu pour avoir dirigé l’un des tous meilleurs fonds communs de l’histoire, le Fidelity Magellan Fund, qui a largement battu le marché durant son existence.

Pourtant, ce fonds fait partie des exceptions qui confirment la règle, car la quasi-totalité des fonds communs de placement offrent de bien piètres performances, nettes de frais de gestion.

Même si je suis convaincu qu’une poignée d’individus puissent être plus avisés que le marché (avec ou sans l’aide de Peter Lynch), il y a deux choses à ne pas oublier :

  • Les indices font mieux que 95% des stocks pickers, y compris ceux qui cherchent des 10-baggers avec une méthode structurée.
  • Faire de la sélection de titres individuels, sérieusement, implique de faire des recherches, et d’y consacrer du temps régulièrement.

C’est en en grande partie pour ces deux raisons que je n’achète pas de titres individuels, et que je recommande aux investisseurs de faire de même.

Si vous pensez pouvoir faire partie des plus avisés ou des plus malins, avec l’aide de Peter Lynch (qui n’est pas négligeable), et que vous avez du temps à y consacrer, vous pouvez vous essayer au stock picking.

Mais n’oubliez pas de comparer votre performance, nette de frais, avec celle du marché dans lequel vous investissez. Car il est fort probable que vous découvriez que sélectionner des titres ne vous apportera rien de plus qu’en investissant passivement (à part des émotions, peut-être).

L’argumentaire de Peter Lynch va en ce sens un peu à contre courant de la plupart des grands investisseurs actifs (Dalio, Buffett, Swensen), qui recommandent au grand public d’investir passivement dans des fonds indiciels.

Au final, le Best-seller de Peter Lynch reste un livre très agréable à lire. On a l’impression d’être en conversation directe avec l’auteur, qui nous partage son expérience, ses anecdotes et ses réflexions.

Ce livre est un grand classique parmi ceux consacrés à l’investissement. Sa lecture reste à ce titre très intéressante, quelle que soit la manière dont on investit.

Points forts :

  • Ce livre apporte une méthodologie précise pour qui veut investir dans des actions individuelles.
  • Lecture facile et agréable, sans jargon, qui se lis presque comme un roman.
  • Probablement un des meilleurs livres qui soit pour investir dans des actions individuelles, écrit par un gérant de fonds qui a su battre le marché pendant de longues années.

Points faibles :

  • Ce qui semble simple sur le papier, grâce à l’aide de Peter Lynch, peut néanmoins être difficile à appliquer sur le long terme, sans dévier de sa trajectoire. Je continue de penser que la plupart des investisseurs devraient plutôt investir dans des indices au lieu de sélectionner des actions et de chercher des « 10-baggers ».
  • Je me demande si la version française a été relue avant d’être publiée.

Si vous avez lu « Et si vous en saviez assez pour gagner en Bourse », partagez votre avis sur le livre en commentaire !

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