6 excellents films sur l’argent, la finance et l’investissement

Christian Bale The Big Short le casse du siècle

Bon autant vous prévenir, sur ces 6 films il y en a 3 qui parlent de la crise des Subprimes, quoi que sous différents angles. En même temps, c’était la dernière grosse crise de portée mondiale qu’on ait connu (et puis pourquoi parler d’économie et de finance quand tout va bien et s’il n’y a pas de méchants ?). C’est dans l’air du temps, voilà tout.

Allez, action !

Wall Street

Michael Douglas Wall Street

Gordon Gekko (Michael Douglas), vieux loup de la finance, prend sous son aile un jeune et ambitieux courtier. Il lui apprend les rouages de Wall Street, les coups tordus, et promet de faire de lui un homme riche.

Bien entendu, tout cela fini mal et le jeune homme s’aperçoit bientôt qu’il est manipulé par son mentor.

Le film réunit le cocktail habituel de la finance telle que présenté au cinéma: manipulations (délit d’initié en l’occurrence), drogue et sexe.

Le ton du film d’Oliver Stone se veut à la fois réaliste et moralisateur. Le jeu d’acteur de Michael Douglas est parfait en chef impitoyable ne jurant que par le profit. Les sommes gagnées sont dépensées dans des tableaux et autres objets décoratifs aussi horribles qu’hors de prix.

Le décor est d’ailleurs bien représentatif de l’état d’esprit des personnages, comme avec ce tableau montrant un dollar qui brûle devant l’entrée du bureau de Gekko.

Cela fait toujours un drôle d’effet de revoir le New York des années 80, avec les costumes gris, les pantalons à bretelles et les Twin’s Towers…

Les répliques qui tuent:

Pourquoi les gestionnaires de fond ne battent jamais le S&P500 ? Ce sont des moutons, et les moutons se font égorger. Tu veux un ami, prends un chien ! C’est une guerre des tranchés !

Tout n’est que pognon, petit. Le reste, c’est du bavardage.

Margin call

Casting Margin Call

Un employé de la division de la gestion des risques d’une banque d’investissement est en train de découvrir que sa banque est exposée à un niveau de risque très élevé. Ses supérieurs et les dirigeants se réunissent en session extraordinaire afin de comprendre ce qu’il se passe.

Le film explique tout en critiquant les mécanismes complexes de spéculation des banques, où même le PDG ne sait plus ce qu’il se passe dans son entreprise.

L’ironie c’est que la banque vient de virer la seule personne qui ait compris où était le problème, pour motif que sa présence n’était plus jugée utile.

Les décideurs se retrouvent alors face à un choix cornélien: solder les actifs dangereux en flouant les acheteurs ou attendre et espérer que le marché se retourne.

Il y a assez peu d’action dans ce film, dont l’atmosphère est parfois étouffante et qui se déroule dans une constante tension. Les scènes se passent principalement en lieu clos en haut d’un gratte-ciel, et en pleine nuit.

Le film est parfois un peu trop technique mais il est plaisant à suivre si l’on s’intéresse aux mécanismes financiers.

De plus, le casting n’est pas mal du tout avec Kevin Spacey, Demi Moore, Jeremy Irons et Paul Bettany.

La réplique qui tue:

1637, 1797, 1819, 1837, 1857, 1884, 1901, 1907,1929, 1937, 1974, 1987 – Jésus, celle-là m’a presque foutu en l’air – 1992, 1997, 2000 et peu importe comment nous appelons ça. C’est la même chose encore et encore.

Radin !

Radin ! Dany Boon Laurence Arné

Seul film français dans cette liste, cette comédie avec Dany Boon met en scène un radin, à qui les mots « donner » et « dépenser » donnent des sueurs froides. Cela le conduit à vivre tout un tas de situations grotesques, comme offrir un cadeau qu’il vient de recevoir à quelqu’un d’autre, ou faire payer un loyer à sa fille.

Ce film en dit long sur notre rapport à l’argent. Tantôt méprisé pour son côté radin, tantôt adulé en se faisant passer pour un généreux donateur, Dany Boon reçoit tour à tour la haine, le mépris, l’amour et le respect. Autant de sentiments extrêmes que l’argent semble pouvoir susciter chez chacun, avec une grande versatilité.

Le film enchaîne les sketchs comiques avant de laisser progressivement la place à une ambiance plus dramatique, qui verra le personnage principal évoluer.

J’ai trouvé la plupart des scènes plutôt bien réussies et j’en ai souvent rigolé, grâce aussi au talent de Dany Boon.

J’ai cependant trouvé la fin du film un peu trop rapide.

La réplique qui tue:

Vous les faites à l’unité les bulots ?

Inside Job

Inside Job documentaire

Peut-être le film qui m’a permis de bien plus comprendre la crise financière de 2008 qu’aucun autre film, documentaire, ou article.

Ce documentaire est narré par Matt Damon, un acteur engagé qui avait déjà dénoncé l’exploitation des gisements de gaz de schiste aux Etats-Unis dans un autre film.

On y voit comment le lobbying en faveur de la dérégulation de la finance a conduit les grandes banques à prendre des risques dingues avec de l’argent emprunté. En retour, les banques ont pu offrir d’énormes rétributions à leurs dirigeants et même à leurs salariés, tout en sachant que cela les mettrait en danger.

Un des moments les plus révélateurs est lorsque l’ancien chef comptable de la SEC (Sécurities and Exchange Commission) avoue que des réductions d’effectifs ont été menées jusqu’à ce que le service de la gestion des risques ne compte plus qu’une seule personne, censée superviser tout le marché…

Les cadres de Wall Street sont dépeints comme étant impulsifs, toujours prêts à prendre des risques, fréquentant les night clubs, touchant à la drogue et amateurs de prostituées. Le tout passant en note de frais.

Les agences de notations sont soumises à de gros conflits d’intérêts: ainsi les banques Bear Stern et Goldman Sachs étaient encore notées AA juste avant leur faillite.

Anecdote savoureuse, Goldman Sachs a même créé des titres spécialement conçus pour faire perdre de l’argent à leurs clients (les fameux « titres de merde », sur lesquels ils pariaient à la baisse dans le dos de leurs clients).

Dans le même temps, des professeurs d’économie siégeaient dans des grands groupes et étaient payés pour écrire des rapports flatteurs sur la solidité des banques, tout en enseignant les vertus de la déréglementation à leurs élèves.

Ironiquement, Obama a voulu mener des réformes pour renforcer la réglementation, en s’entourant d’anciens banquiers qui avaient toujours prôné la déréglementation.

Inside Job est peut-être le meilleur documentaire sur cette période sombre de la finance qu’a été la crise des Subprimes.

La réplique qui tue:

Au nom de quoi un ingénieur financier est payé entre 4 et 100 fois plus qu’un vrai ingénieur ? Un vrai ingénieur construit des ponts. Un ingénieur financier construit des rêves. Et quand ces rêves tournent au cauchemar, ce sont les autres qui paient.

À la recherche du bonheur

Will Smith à la recherche du bonheur

L’argent ne fait pas le bonheur. En revanche, manquer d’argent peut faire notre malheur et rendre la vie très difficile. C’est ce qu’illustre ce film.

Père de famille en difficulté, Will Smith cherche clairement à gagner plus d’argent, que ce soit en vendant ses appareils médicaux loufoques ou en postulant pour un stage dans la finance.

Mais sa seule préoccupation est ailleurs: faire le bonheur de son fils, en inventant tout un monde pour lui cacher la misère de leur situation.

Ce film montre ce que le manque d’argent peut avoir comme incidence en termes de niveau de vie, de statut social et même d’estime de soi dans une des villes les plus riches du pays le plus riche au monde: San Francisco (ce qui n’empêche pas son centre-ville d’être gorgé de sans-abris).

L’interprétation de Will Smith est remarquable et émouvante dans ce film touchant. Il passe par tous les états, de la joie la plus pure au désespoir le plus profond en parcourant les rues en pente de San Francisco. Tantôt on rigole, tantôt on souffre avec lui.

En arrivant à rendre heureux son fils un soir alors qu’ils sont à la rue et dorment dans des toilettes publiques, ce film nous donne une belle leçon de vie.

La réplique qui tue:

C’est à ce moment précis que j’ai commencé à penser à Thomas Jefferson, à la déclaration d’indépendance, à la partie sur le droit de chacun à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Et je me souviens m’être dit, comment a-t-il eu l’intuition de mettre l’idée de poursuite là-dedans ? Comme si le bonheur était une chose que l’on ne peut que poursuivre et éventuellement ne jamais atteindre.

The Big Short: le casse du siècle

Ryan Gosling The big short

L’histoire de deux gestionnaires de fonds spéculatifs, d’un courtier et de deux responsables d’un fond d’investissement mineur qui ont flairé la crise des Subprimes avant tout le monde. Et qui en ont profité pour faire fortune Ils ont eu l’idée de shorter (parier sur la baisse) les CDO (regroupement de dangereux prêts immobiliers à taux variables) afin de réaliser de grosses plus-values le jour où la bulle immobilière exploserait.

Et c’est bien ce qui s’est passé, après une forte augmentation des défauts de remboursement des prêts immobiliers accordés à tout va.

Le message à comprendre est le suivant: « Cherchez pas, plus c’est compliqué, plus les actifs sont pourris ».

L’originalité du film tient en partie aux apartés des personnages qui sortent momentanément de l’histoire pour nous expliquer avec humour les détails techniques de la bulle immobilière du siècle.

La distribution est de qualité avec notamment Brad Pitt, Ryan Gosling, ou encore Christian Bale.

Le rythme du film est enjoué, avec des personnages hauts en couleur: un gestionnaire de fond désabusé par le système, un autre qui est semi-autiste et qui se la joue très relax, et deux jeunes loups qui ont flairé le bon coup et qui demandent de l’aide à un ancien trader devenu paranoïaque.

La réplique qui tue:

Vous venez de parier contre l’économie américaine. Ce qui implique que si on gagne, des millions de gens vont perdre leur maison, vont perdre leur emploi, vont perdre les économies d’une vie, et perdre leur retraite.

Aussi différents soient-ils, ces films montrent tous la même évidence: l’argent à une grande influence sur la vie des gens, accentuée par le pouvoir qu’on lui attribue. L’argent n’a pas forcément le beau rôle au cinéma ou dans les séries TV, mais les films à succès ont naturellement tendance à pointer les maux de la société, et non les bonnes actions.

En réalité, une part non négligeable de l’argent issu des plus-values boursières est ou sera injecté dans de grosses fondations philanthropiques. Beaucoup de personnes parmi les plus riches sur Terre ont signé la Promesse de don, un engagement qui les verra léguer la plus grosse partie de leur fortune en faveur d’œuvres caritatives à la fin de leur vie. On retrouve notamment parmi les signataires Bill Gates, Warren Buffett, George Lucas ou encore Marc Zuckerberg.

Bref, tout n’est jamais tout noir ou tout blanc, y compris en matière d’argent.

Qu’avez-vous pensé de ces films si vous les avez déjà vus ? Y a-t-il d’autres films sur l’argent que vous aimeriez partager ?

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2 commentaires sur “6 excellents films sur l’argent, la finance et l’investissement

  1. Merci pour cette liste ! J’en ai vu quelques uns, mais pour être honnête, je suis souvent perdu par la technicité et le jargon technique employé dans ces films (Margin Call ou The Big Short). Je rajoute à ta liste deux reportages que j’ai beaucoup apprécié et qui pour le coup est centré davantage sur l’investissement et oublie un peu le monde des traders :
    – le premier est un reportage de grande qualité sur Warren Buffett « Becoming Warren Buffett », il est disponible sur Youtube.
    – le second est également un reportage qui expose le combat de Bill Ackman contre Herbalife, une grosse société côtée en bourse mais que Bill Ackman soupçonne être une pyramide de Ponzi, il est dispo sur Netflix.

    1. J’avoue que la première fois que j’ai vu le Big Short en 2015, j’ai eu du mal à suivre !
      Margin Call a l’air compliqué avec le jargon mais il est plutôt simple en fait. Ce qui aide pas c’est qu’il est moins fun que le Big Sort, qui mise sur le rythme et des éléments comiques alors que Margin Call est presque angoissant.

      Merci pour les propositions, j’ai pris note pour le film sur Buffett. En revanche, je n’ai pas entendu parler de cette histoire avec Herbalife et je n’ai pas Netflix…

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