2019, Annus Mirabilis pour la bourse

2019 annus mirabilis pour la bourse

2019 s’est achevée, et il est déjà temps de se pencher sur cette annus mirabilis (ne pas oublier les deux « n »). Car l’année 2019 a bel et bien été exceptionnelle pour les investisseurs !

L’an dernier, j’avais fait le bilan de l’année 2018, qui avait été globalement plate, voir mauvaise pour certains actifs. Mais comme nous l’avions vu, il était toutefois possible de générer des rendements très intéressants.

Certains médias avaient appelé 2018 « annus horribilis », et j’avais repris l’expression sous la forme d’une question. Par opposition, il m’a donc paru normal de comparer 2019 a une « annus mirabilis », une année miraculeuse, ou plutôt exceptionnelle.

Car rien n’est miraculeux en bourse, et il y a toujours un juste milieu à trouver.

Nous passerons en revue les grandes classes d’actifs (actions, obligations, immobilier, matières premières), ainsi que différentes stratégies d’investissement et de composition de portefeuille.

Les actions

Les grands indices d’actions

Le CAC 40 a clôturé l’année sur une hausse de 30,2%, soit sa meilleure année depuis 1999.

En Europe, l’EURO STOXX 300 (l’indice des pays de la zone Euro) a progressé de 26,72%, et le STOXX Europe 600 (qui comprend également la Suisse et le Royaume-Uni) est très proche : +27,22%.

Aux États-Unis, le S&P 500 a fait tout aussi bien en dépassant les 30% (+31,2% en dollars).

Concernant les pays émergents (l’indice MSCI Emerging Markets comprend principalement la Chine, la Corée du Sud, Taïwan, l’Inde et le Brésil), la progression a été moins forte : +19,89% en 2019.

Le marché du Japon, mesuré par l’indice Japan TOPIX, a progressé de 20,86%.

À l’échelle mondiale, les actions ont affiché une belle hausse dans toutes les principales zones économiques.

Les petites capitalisations

Dans la lignée des indices des grandes capitalisation, les small caps ont également connu une belle année 2019.

Les petites capitalisations ont progressé de 28,17% en Europe (indice MSCI EMU Small Cap), de 24,19% aux États-Unis (indice Russell 2000).

Leur progression est cependant moins marquée dans les pays émergents, avec un gain de seulement 13,22% (indice MSCI Emerging Markets Small Cap).

L’immobilier coté

L’immobilier coté consiste à investir dans des actions de sociétés d’investissement immobilier cotées (les SIIC, aussi appelées foncières), et qui tirent donc leur revenu de l’immobilier.

Leur progression est similaire à l’ensemble des actions. En Europe, l’indice FTSE EPRA Europe Real Estate a progressé de 29,61%. Son équivalent américain (FTSE EPRA/NAREIT United States) a quant à lui progressé de 21,87%.

Les indices Smart Beta

Les indices Smart Beta sont des indices qui ont pour objectif de surperformer le marché ou de réduire le risque, en pondérant leur répartition selon des facteurs spécifiques.

Leur performance est à comparer, à l’échelle mondiale, avec celle du MSCI World (+27,77% en dollars), qui ne retient aucun facteur particulier.

Parmi les différents facteurs Smart Beta, seul le facteur qualité (MSCI World Quality Factor) a battu le marché (+30,5%). Le facteur momentum (MSCI World Momentum Factor) n’a pas permis de générer des gains supplémentaires (+27,45%).

D’autres facteurs ont largement sous-performé le marché : la volatilité minimum (MSCI World Minimum Volatility) avec +23,17%, et la valorisation (MSCI World Value Factor) avec seulement +19,34%.

Ces performances démontrent qu’il n’est pas si aisé que cela de battre le marché avec un simple indice « amélioré ». Bien sûr, les performances sur un an ne permettent pas de tirer de conclusions définitives.

Les indices socialement responsables

L’investissement socialement responsable (ISR) est en plein développement, et les indices « vert » sont composées d’actions d’entreprises qui respectent des critères sociaux et environnementaux.

L’indice MSCI World SRI a progressé de 32,78% (en euros), battant ainsi l’ensemble du marché de +3%, ce qui n’est pas négligeable.

Cela semble confirmer la tendance des dernières années qui ont vu, contrairement a ce qu’on pourrait penser, plusieurs indices responsables battre le marché.

Il existe cependant un grand nombre d’indices ISR, qui appliquent souvent des critères différents, et qui sont parfois trop récents pour que l’on puisse tirer des conclusions sur leurs performances.

Les obligations

Les obligations d’État

Concernant la Zone Euro :

  • Les obligations à court terme (FTSE MTS Eurozone Government Broad IG 1-3Y) : +0,10%
  • Les obligations à moyen terme (FTSE MTS Eurozone Government Broad IG 7-10Y) : +6,59%
  • Les obligations à long terme (Bloomberg Barclays Euro Treasury 50bn 25+ Year Bond Index) : +21,34%

Les obligations à long terme ont particulièrement bien performé, tandis que les taux négatifs ont impacté les obligations à court terme.

Aux États-Unis, les obligations d’État (en dollars) à court terme (USD Treasury Bond 1-3yr) ont progressé de +3,5%, à moyen terme (USD Treasury Bond 7-10yr) de 8,45,%, et à long terme (USD Treasury Bond 20+yr) de 15,03%.

Les obligations d’États de pays émergents (USD Liquid Emerging Markets Sovereigns) ont progressé de +13,60% en dollars.

Les obligations d’entreprises

Les obligations d’entreprises ont progressé de +5,76% en Europe (Euro Corporate Bond) et de 12,76% aux États-Unis (USD Corporate Bond, couvert en euros) 

Les obligations d’entreprises à haut rendement (de moindre qualité), ont progressé de +9,77% (Euro High Yield Liquid Bond) dans les pays développés, et de +10,27% aux États-Unis (BofAML $ High Yield Bond, couvert en euros).

Les obligations d’entreprises de pays émergents (Emerging Markets Diversified Corporate) ont progressé de +15,18%.

Les obligations de pays émergents (d’État ou d’entreprises) ont eu une performance plus élevée qu’en Europe et aux États-Unis. Cependant, ce sont des actifs plus risqués, et dont le comportement (performance et volatilité) se rapproche plus des actions que des obligations de pays développés.

Les fonds en euros

Le rendement attendu des fonds en euros en 2019 se situe autour de 1,4%, un taux légèrement supérieur à l’inflation.

Majoritairement constitués d’obligations, les fonds en euros distribués par les assurances vie ont connu une nouvelle année de rendements en baisse.

Les matières premières

L’or

L’or en euros (Gold Bullion Securities) a progressé de +20,64%.

L’or en dollar (Invesco Physical Gold) a progressé de +18,54%.

Le métal jaune semble amorcer un nouveau cycle haussier après 5 années de consolidation.

Marchandises

L’indice de marchandises Thomson Reuters/CoreCommodity CRB index (énergie, agriculture, métaux précieux et métaux de base) a progressé de +13,09%.

Performance de 3 stratégies d’investissement en 2019

Le Portefeuille Permanent

Le Portefeuille Permanent est une stratégie d’investissement diversifiée en 4 classes d’actifs décorrélées, qui permettent à ce portefeuille de s’adapter à toutes les conditions économiques. Créé par Harry Browne, ce portefeuille est composé de

  • 25% d’actions
  • 25 d’obligations d’État à long terme
  • 25% d’or
  • 25% de liquidités

Nous pouvons calculer la performance de ce portefeuille pour l’année 2019 en sélectionnant des ETF correspondant à chaque classe d’actif :

  • Actions : Lyxor MSCI World (performance : +30,03%)
  • Obligations à long terme : Lyxor Euro Government Bond 25+Y (performance : +21,34%)
  • Or: Gold Bullion Securities (performance : +20,64%)
  • Liquidités : un simple fonds en euros (performance attendue : +1,4%)

Le Portefeuille Permanent affiche une performance de +18,35% pour 2019.

C’est bien sûr largement inférieur aux actions (+30%), mais l’objectif de ce portefeuille n’est pas de faire aussi bien que les actions. Son objectif est d’afficher une performance régulière, et de résister aux crises.

Lors des années où les actions performent très bien, comme en 2019, ce portefeuille affichera un rendement qui pourra sembler décevant. Mais lors des années de récession ou de forte inflation, il pourra permettre de rester à flot.

Le Portefeuille Insubmersible

Le Portefeuille Insubmersible se base sur les mêmes principes de diversification que la stratégie précédente. On peut le considérer comme une version optimisée du Portefeuille Permanent, car les classes d’actifs sont légèrement différentes, et ne sont pas pondérées de la même façon.

Cependant, son objectif est de résister aux conditions économiques difficiles, tout en étant performant lorsque le marché est haussier.

Le Portefeuille Insubmersible a eu une performance de +20,75% en 2019, un peu supérieure au Portefeuille Permanent.

Le Portefeuille Très Haut Rendement

Le Portefeuille Très Haut Rendement n’est pas un portefeuille diversifié. Il consiste à suivre la tendance de certains actifs en forte hausse, jusqu’à ce que la tendance se retourne. Le portefeuille se positionne alors sur des valeurs refuges en cas de baisse globale des marchés.

Son fonctionnement est basé sur le momentum (comme certains indices Smart Beta), qui est une forme de diversification dans le temps.

L’objectif du Portefeuille Très Haut Rendement est de battre le marché, représenté par l’indice MSCI World. Sa performance en 2019 est de +49,14%. Oui, 2019 est bien une annus mirabilis.

Le portefeuille a donc largement atteint son objectif cette année. Je précise que cette stratégie n’utilise pas l’effet de levier. Cette performance est cependant à relativiser, et à replacer dans le contexte de 2019, qui a vu de très bons rendements (l’indice mondial MSCI World a progressé de +30%).

2019 annus mirabilis, mais quid de 2020 ?

Quelle que soit la stratégie employée, il s’est avéré difficile de perdre de l’argent lors cette annus mirabilis 2019, même en sélectionnant des titres au hasard.

Mais pour 2020 ? C’est toujours la grande question : que ce passera-t-il l’année prochaine ? Certains annoncent une crise imminente, d’autres un nouveau marché haussier. Peu importe, car investir ne consiste pas à jouer au jeu des prévisions.

Investir consiste à être présent sur les marchés, en toutes circonstances, en étant conscient que chaque année sera différente, et avec une stratégie adaptée à votre tolérance au risque.

Pour profiter des très bonnes années, comme 2019, il faut pouvoir traverser celles qui le seront moins. L’objectif est de rester dans la partie, quel que soit le scénario proposé par la nouvelle année.

2019 a enthousiasmé les nouveaux investisseurs, les poussant à adopter des stratégies risquées. Mais nous savons que les marchés ne montent pas indéfiniment en ligne droite, et que le retour à la moyenne, qui arrivera tôt ou tard, doit être intégré dans vos plans.

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