10 critères pour choisir ses ETF (trackers)

critères pour choisir ses ETF (trackers)

Choisir ses ETF est une étape clé dans la mise en place d’un portefeuille.

Les ETF sont devenu un outil presque incontournable pour un investisseur. Les utiliser est probablement la meilleure chose que vous puissiez faire pour investir en bourse.

Cependant, il existe aujourd’hui un très large choix d’ETF à disposition, et faire son choix devient de moins en moins évident.

Voici donc les 10 points à étudier pour choisir ses ETF.

Les frais

Les frais de gestion de l’ETF sont un des principaux critères à considérer.

L’idée générale, en investissement, est de toujours chercher à minimiser les frais, afin qu’ils impactent le moins possible la performance de votre portefeuille.

Même si aujourd’hui les frais des ETF sont relativement bas (la plupart sont en dessous de 0,25%/an, et n’ont ni fais d’entrée, ni frais de sortie), il y a parfois des différences.

La compétition entre émetteurs d’ETF fait que certains développent une gamme low-cost, avec des frais encore plus faibles :

  • La gamme Core de Lyxor (Exemple : Lyxor Core STOXX Europe 600, 0,07% de frais)
  • La gamme Prime d’Amundi (Exemple : Amundi Prime Euro Govies, 0,05% de frais)
  • La gamme Core d’iShares (Exemple : iShares Core S&P 500, 0,07% de frais)

Il est donc possible de mettre en place un portefeuille d’ETF avec des frais extrêmement faibles.

Si les ETF les moins chers sont facilement accessibles depuis un compte titre, ils ne sont cependant pas tous éligibles au PEA et à l’assurance vie.

Il faudra donc se tourner vers des ETF un peu plus chers pour ces deux niches fiscales.

La composition de l’indice répliqué

Les ETF visent à répliquer la performance d’un indice boursier. Par exemple, un ETF CAC 40 visera à répliquer la performance de l’indice CAC 40.

Indice CAC 40
Composition du CAC 40

Il est donc important de vérifier que l’indice suivi par l’ETF correspond bien au marché dans lequel on souhaite investir.

Généralement, les appellations des ETF sont suffisamment évocatrices pour savoir dans quel indice un ETF donné permet d’investir. La subtilité est donc souvent de comprendre quels zone/secteur sont couverts par un indice.

Par exemple, sur le marché américain, on retrouve trois grands indices, qui permettent chacun d’investir aux États-Unis :

  • Le Dow Jones
  • Le S&P 500
  • Le Nasdaq

Le Nasdaq est un indice sectoriel technologique, qui ne comprend donc pas toutes les entreprises américaines, et le Dow Jones est un indice encore plus restreint, qui comprend seulement 30 entreprises.

L’indice le plus représentatif du marché américain est donc le S&P 500, qui comprend les 500 plus grandes entreprises cotées en bourse dans ce pays. C’est donc celui à privilégier pour investir aux États-Unis.

Même chose en Europe, tous les indices européens ne recouvrent pas exactement les mêmes pays :

  • Certains indices couvrent les pays de la Zone Euro (Euro STOXX 300, MSCI EMU)
  • D’autres indices couvrent plus largement l’Europe, et notamment des pays qui ont une devise différente : Royaume-Uni, Suisse, Suède, Danemark (MSCI Europe, STOXX Europe 6OO)

Autre subtilité, les ETF World, comme leur nom de l’indique pas, ne permettent pas d’investir dans le monde entier. Si en termes de capitalisation boursière, le MSCI World couvre la majorité du monde, il intégre seulement les pays considérés comme développés (Europe, Éptats-Unis, Japon, Australie, Canada, etc).

Il existe cependant un indice monde qui couvre à la fois les principaux pays développés mais aussi émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie, Afrique du Sud…). Il s’agit de l’indice MSCI ACWI (All Country World Index).

Indice MSCI ACWI
MSCI ACWI (All Country World Index)

Pour autant, l’indice All Country reste lui aussi loin de couvrir le monde entier : la moitié des pays d’Amérique latine, et la quasi-totalité de l’Afrique, du Moyen-Orient et de l’Asie centrale n’y sont pas représentés.

Quelque soit l’ETF que vous souhaitez utiliser, il est important de toujours consulter le DICI (Document d’Informations Clés pour l’Investisseur), ou la factsheet, qui présentent la composition de l’indice suivi.

Factsheet ETF Amundi MSCi World
Extrait de la Factsheet – ETF Amundi MSCi World

Le type de réplication de l’ETF

Un ETF peut répliquer la performance d’un indice boursier de deux manières différentes :

  • Réplication physique : L’ETF va investir directement dans les actions qui composent l’indice (un ETF CAC 40 à réplication physique aura donc des parts dans les 40 entreprises du CAC 40).
  • Réplication indirecte (synthétique) : L’ETF va investir dans des actions très liquides qui n’entrent pas forcément dans la composition de l’indice. Il va ensuite échanger sa performance contre celle de l’indice qu’il suit grâce à un intermédiaire financier.

Ces deux types de réplication sont efficaces, et présentent des avantages/inconvénients qui sont complémentaires.

La réplication physique est rassurante car on sait que l’ETF détient réellement des parts dans les actions de l’indice dans lequel on souhaite investir.

La réplication synthétique introduit un risque de contrepartie avec l’intermédiaire financier qui fournit la performance de l’indice. Mais elle a l’avantage de permettre à l’ETF de détenir des titres plus liquides que ceux de l’indice suivi, et qui pourront être achetés/vendus plus facilement, et pour moins cher. Elle est donc souvent plus efficace que la réplication physique.

La réplication synthétique permet aussi d’élargir les horizons d’investissement : certains ETF permettant d’investir sur le marché américain sont éligibles au PEA (normalement, le PEA est réservé au marché européen).

Au final, il est difficile de considérer qu’un type de réplication est mieux que l’autre. Il peut donc être intéressant de mixer les deux dans son portefeuille.

La qualité de réplication de l’ETF

J’ai écrit plus haut qu’un ETF cherche à répliquer la performance de son indice de référence.

En fait, il existe toujours un écart de performance entre l’ETF et l’indice (la performance peut être supérieure ou inférieure).

Si un ETF n’arrive pas à répliquer correctement l’évolution de son indice, cela peut poser problème.

La plupart du temps, et pour la majorité des ETF des émetteurs les plus connus (Lyxor, Amundi, Vanguard, SPDR, etc), cet écart est relativement faible.

Voici l’écart de performance entre l’ETF Easy CAC 40 de BNP Paribas et le CAC 40 (l’indice de référence) :

Performance ETF Easy CAC 40 de BNP Paribas

En l’espace de 15 ans, la différence de performance entre l’indice et l’ETF est légèrement inférieure à 7%. On peut considérer que l’ETF aurait pu suivre l’indice avec plus d’efficacité (je n’ai volontairement pas choisi le meilleur ETF sur ce point), même si la différence n’est pas catastrophique.

Il est possible de comparer l’écart de performance de chaque ETF par rapport à son indice, afin de choisir l’ETF qui a la meilleure qualité de réplication.

Écart de performance - ETF Easy CAC 40 BNP Paribas

Les écarts de performance sont généralement indiqués dans la factsheet de l’ETF, ou sur le site TrackInsight, qui note la qualité de réplication des ETF.

La valeur de la part

Lorsque vous investissez dans des ETF, vous aller en fait investir dans des parts d’ETF, de la même façon que vous investiriez dans des parts d’entreprises (les actions).

Et de la même manière que chaque action a une cotation différente (son prix sur le marché), chaque ETF aura une valeur de part différente.

La valeur d’une part est propre à chaque ETF. Plusieurs ETF suivant le même indice auront ainsi une valeur de part différence.

La valeur de la part n’est pas un critère essentiel, mais elle peut faciliter ou compliquer votre investissement.

Si vous prévoyez d’investir 200€/mois dans un ETF dont une part (Valeur Liquidative dans l’exemple suivant avec l’ETF Amundi MSCI World) vaut 283€, vous n’allez pas pouvoir investir dans cet ETF tous les mois.

ETF Amundi MSCI World - valeur de la part
Amundi MSCI World

Inversement, si la valeur d’une part de votre ETF est inférieur à 200€, vous pourrez mettre en place votre investissement mensuel. C’est le cas pour l’ETF Lyxor suivant, dont la part (NAV : Net Asset Value) cote à 187€. Dans cet exemple, le reliquat, accumulé sur plusieurs mois, vous permettra de temps en temps d’acheter deux parts au lieu d’une.

ETF Lyxor MSCI World - valeur de la part
Lyxor MSCI World

Bon, le jeu est en réalité un peu plus compliqué que ça, puisque la cotation des parts des ETF bouge chaque jour, selon que les ETF prennent de la valeur, ou en perdent.

Vous pouvez ainsi choisir un ETF dont la valeur de la part simplifie votre investissement.

La politique de distribution des dividendes

Si vous investissez dans des ETF d’actions ou obligations qui distribuent des coupons ou des dividendes, vous les percevrez comme si vous déteniez directement l’action/l’obligation. On parle alors des ETF distribuants.

Il existe aussi les ETF par capitalisation, qui vont réinvestir les coupons/dividendes dans l’ETF. Cela peut être un avantage pour une enveloppe comme le compte titre, dans laquelle les dividendes perçus sont imposées.

Le choix entre ETF capitalisants ou distribuants dépendra de votre stratégie. Les ETF par capitalisations permettent de réduire l’imposition dans un compte titre. De leur côté, les ETF distribuants sont pratiques pour toucher une rente sous forme de dividendes.

Le choix pourra aussi dépendre de votre horizon d’investissement. Si vous êtes dans la phase d’investissement de votre portefeuille, choisir des ETF capitalisants sera plus efficaces. Si vous êtes dans la phase où vous faites des retraits pour dégager un revenu complémentaire, les ETF distribuants constituent une option intéressante.

La devise de cotation de l’ETF

Si vous investissez sur le marché américain par exemple, l’ETF contiendra des titres cotés en dollar. Vous pouvez donc :

  • Investir dans un ETF coté en dollars. Dans ce cas, si vous avez un compte en euros, il vous faudra d’abord acheter des dollars. Vous devrez alors vous acquitter de frais de change pour la conversion des devises.
  • Investir dans un ETF coté en euros. Dans ce cas, la conversion euro/dollar se fait en amont, au niveau de l’ETF, qui a déjà réalisé la conversion pour vous. Vous pouvez alors directement investir aux États-Unis avec vos euros. Cette solution sera plus pratique et moins coûteuse en frais de change.

Dans le second cas, la performance de l’ETF sera néanmoins impactée par la variation du taux de change Euro/Dollar.

Par ailleurs, rien ne vous empêche d’avoir un compte titre 100% en dollar chez un courtier international. Dans ce cas, vous pourrez investir aux États-Unis avec un compte en dollars, et dans des ETF américains cotés en dollars qui ne sont pas accessibles sur le marché européen.

Avoir un compte dans une devise différente est une forme de diversification : vous n’êtes plus lié à une seule devise.

Un même ETF peut souvent être coté dans plusieurs devises, et sur plusieurs places boursières. Lors de votre investissement, veillez à choisir votre ETF dans la devise avec laquelle vous voulez vraiment investir.

Par exemple, L’ETF Vanguard S&P500 est disponible via Degiro sur cinq places boursières (Euronext, Londres, Francfort, Zurich, Milan), et dans quatre devises différentes (Euro, Dollar, Livre Sterling, Franc Suisse).

ETF disponible sur plusieurs places boursières, dans plusieurs devises

Autrement dit, si vous utilisez l’Euro et souhaitez investir aux États-Unis (S&P 500), vous n’allez probablement pas investir dans l’ETF coté en Livre Sterling sur le London Stock Exchange.

L’éligibilité de l’ETF dans votre enveloppe fiscale

Vérifiez que l’ETF dans lequel vous projetez d’investir est bien accessible depuis votre enveloppe fiscale.

Le choix de l’enveloppe fiscale vient cependant en amont du choix des ETF, et est d’ailleurs en partie déterminé par votre stratégie (selon que vous mettiez en place un portefeuille diversifié, agressif ou que vous faites du market timing).

Le compte titre offre le plus large choix d’ETF, et la possibilité de constituer un portefeuille d’ETF très diversifié, avec les frais les plus bas.

Si vous souhaitez investir dans l’or ou dans des obligations, vous ne pourrez pas le faire via un PEA, qui vous donnera seulement accès aux ETF d’actions.

Les ETF disponibles sur assurance vie sont encore moins nombreux que dans un PEA, mais contrairement au PEA, certains permettent d’investir dans l’or et les obligations.

L’encours de l’ETF

L’encours désigne la somme totale investie dans un ETF. Ce n’est pas vraiment le critère le plus important.

Un encours trop faible peut poser problème car l’émetteur d’ETF peut décider de fermer l’ETF.

Dans ce cas, vous ne perdrez pas votre investissement, vous devrez simplement trouver un autre ETF à la place.

Il n’y a pas de montant minimum à partir duquel un encours est suffisant, ou en dessous duquel l’encours est insuffisant : cela va dépendre de l’indice répliqué par l’ETF.

Les ETF qui répliquent un indice très spécifique auront naturellement un encours bien inférieur aux ETF qui répliquent des indices plus classiques et connus.

Par exemple, l’ETF Lyxor CAC 40 (DR) a un encours supérieur à 3 milliards d’euros.

Inversement, l’ETF BNP Paribas Easy Equity Momentum Europe a un encours de 3 millions d’euros seulement. Mais cela ne veut pas dire qu’il va fermer. Il réplique simplement une stratégie différente, sur un marché différent.

De même, il est normal que des ETF très récents aient un encours beaucoup plus faible que des ETF bien installés depuis 20 ans.

Par exemple, l’ETF Amundi Prime Euro Govies a été créé le 15 janvier 2020. Il est donc inutile de comparer son encours avec le Xtrackers Eurozone Government Bond, qui existe depuis 2007.

Faut-il privilégier un ETF déjà bien installés ? Oui en général, mais pas forcément : si un nouvel ETF avec un très faible encours provient d’un émetteur sérieux, qui produit des ETF largement reconnus par ailleurs, et que cet ETF est particulièrement intéressant, pourquoi pas.

Souvent, les nouveaux ETF cassent les prix par rapport aux anciens. On peut donc s’attendre à ce que leur encours augmente rapidement.

C’est le cas d’Amundi Physical Gold ETC, qui est bien moins cher que la plupart des autres ETF permettant d’investir dans l’or (0,15% de frais annuels). Bien qu’il n’existe que depuis 2019, son encours est déjà supérieur à 2,4 milliards d’euros.

Ses frais low-cost lui ont déjà permis de se démarquer face aux géants bien installés (Invesco, WisdomTree).

L’encours n’est donc pas un critère à considérer de manière absolue et statique. Non seulement il évolue, mais il faut le replacer dans le contexte du secteur de l’ETF.

Cela dit, évitez de choisir des ETF qui existent depuis plusieurs années, et qui ont un encours très faible par rapport à leurs concurrents, ou qui soit en nette diminution.

Encours d'un ETF qui diminue
Exemple d’ETF dont l’encours est en déclin (Lyxor FTSE Europe Minimum Variance)

L’émetteur de l’ETF

Ce critère est intéressant à observer à des fins de diversification.

Si vous constituez un portefeuille d’ETF, il est sain de ne pas avoir que des ETF provenant du même émetteur.

Ainsi, il n’y a pas que Lyxor et Amundi en Europe. On peut aussi citer BNP et Xtrackers, qui proposent des ETF très intéressants. Les plus gros émetteurs d’ETF américains sont Vanguard et iShares, mais il y a aussi SPDR, Invesco, Schwab…

La diversification est un excellent principe d’investissement, qui ne se limite pas uniquement à la composition en elle-même du portefeuille.

Par exemple, j’ai largement diversifié les émetteurs d’ETF du portefeuille que j’ai constitué sur le site justETF.

choisir différents émetteurs d'ETF

Conclusion

Les critères pour choisir ses ETF sont nombreux, mais ils ne sont pas tous d’importance égale.

Votre choix dépendra principalement de la stratégie que vous avez définie en amont, et de l’enveloppe fiscale dans laquelle vous allez l’appliquer.

À mon sens, les critères les plus importants restent les deux premiers cités : la composition de l’indice suivi (savoir que vous investissez bien dans ce que vous aviez prévu au départ), et le prix (pour que votre performance soit la moins impactée possible).

Quoi qu’il en soit, le choix des ETF aura moins d’impact sur vos investissements à long terme, que de préférer investir dans un fonds commun de placement, ou de déléguer à un professionnel (in)compétent la gestion de vos investissements.

Si vous en êtes à vous demandez quels ETF choisir, dîtes-vous que vous avez déjà fait le meilleur choix (investir avec des ETF).

J’ai réalisé une vidéo complémentaire dans laquelle je vous montre comment trouver facilement les 10 critères pour choisir un ETF :

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