Pourquoi les fonds indiciels sont la meilleure façon d’investir

Les fonds indiciels permettent d’investir de manière passive sur les marchés. Ils ont aujourd’hui plus que jamais le vent en poupe.

Si leur part dans l’industrie des fonds d’investissement est en forte progression, les fonds indiciels ne représentent aujourd’hui pourtant que 10% des actions et 5% des obligations détenues en Europe.

Aux États-Unis, la donne est différente car les fonds indiciels pèsent désormais plus lourds que les fonds communs de placement.

Les fonds indiciels ne sont pas comme les fonds communs de placement traditionnels: ils sont bien plus intéressants. Si vous souhaitez en savoir plus sur les fonds communs de placement, nous avons vu dans un autre article pourquoi vous devriez les fuir.

Qu’est-ce qu’un fonds indiciel ?

Les fonds indiciels, également appelés trackers ou ETF (Exchange Traded Funds), visent à répliquer de manière automatique l’évolution d’un marché à travers un indice boursier. Ils ont été créés par John Bogle.

Par exemple, le CAC40 est le principal indice boursier en France. Un fonds indiciel CAC40 répliquera donc la performance de l’indice CAC40, année après année.

Les différents types et catégories de fonds indiciels

Comment les fonds indiciels arrivent-ils à répliquer l’évolution d’un indice boursier ?

Il existe deux types de fonds indiciels:

  • Les fonds indiciels à réplication physique: ils détiennent l’ensemble des actions de l’indice qu’ils cherchent à reproduire, avec la même pondération (toutes les actions n’ont pas le même poids dans un indice). C’est de cette manière qu’ils reproduisent la performance de l’indice suivi.
  • Les fonds indiciels à réplication indirecte (ou synthétiques): ils détiennent un panier d’actions très liquides plus ou moins proche de l’indice suivi, et obtiennent la performance de l’indice grâce à un swap (échange) réalisé avec un autre acteur financier (qui peut être la banque mère de l’émetteur du tracker) qui s’engage à fournir la performance de l’indice contre rétribution.

Allez lire cet article très bien documenté si vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement détaillé des trackers (et notamment ceux à réplication indirecte, qui sont un peu plus compliqués à comprendre).

Au-delà de ces deux différents types d’ETF, il est possible de les classer en plusieurs catégories, selon leur exposition:

  • Les ETF de grands indices d’actions, qui visent à répliquer les grands marchés comme le S&P500 ou l’EURO STOXX 50 (ce sont les ETF les plus populaires et les plus capitalisés).
  • Les ETF d’indices secondaires qui visent à répliquer les marchés des petites capitalisations (petites et moyennes entreprises).
  • Les ETF obligataires qui répliquent des indices d’obligations (avec plusieurs sous-catégories selon la nature des obligations et leur maturité).
  • Les ETF de matières premières qui répliquent l’évolution du cours de l’or ou de différentes matières premières (métaux, produits agricoles ou énergies fossiles).
  • Les ETF sectoriels qui vont contenir uniquement des actions d’entreprises d’un secteur particulier (nouvelles technologies, biens de consommation…).
  • Les ETF à exclusion qui vont répliquer de grands indices mondiaux tout en excluant les actions d’entreprises qui ne respectent pas certains critères (critères sociaux ou environnementaux pour la finance éthique, critères religieux et moraux pour la finance islamique, entreprises orientées valeur ou croissance…).
  • Les ETF smart beta qui vont viser des objectifs bien spécifiques comme de réduire la volatilité en choisissant des entreprises de secteurs non corrélés, ou encore de sélectionner les actions à fort dividendes.
  • Les ETF à effet de levier: ils reproduisent le cours des indices avec un effet de levier qui multiplie par deux ou par trois leur évolution journalière.
  • Les ETF short qui reproduisent le cours inversé des grands indices nationaux et qui permettent de parier sur la baisse des marchés (to short en anglais).

Il existe vraiment toutes sortes de fonds indiciels, susceptibles de répondre à des stratégies extrêmement variées. Il y en a donc pour tous les goûts.

Les fonds indiciels: la meilleure façon d’investir en bourse

Ils sont imbattables sur les frais

Les fonds indiciels ont des frais bien inférieurs à ceux des fonds commun de placement.

Chez Lyxor, un des émetteurs de fonds indiciels leader en Europe, la moitié des ETF référencés ont des frais de gestion inférieurs ou égaux à 0,3% annuels.

En investissant dans les fonds indiciels, la majorité de la performance de votre portefeuille vous revient, et vous ne payez que très peu de frais.

Peut-être pensez-vous que payer 0,25% de frais annuels ne fait pas une grosse différence avec 2,35% de frais annuels (ce sont les frais moyens des fonds communs de placement au Canada).

Imaginons que vous investissez 10 000 euros hérités de votre grande tante pendant 30 ans. Vous obtenez un rendement de 8,5%/an.

Si vous avec placé ces 10 000 euros en fonds indiciels, vos frais s’élèvent à 0,25%, soit un rendement net de 8,25%/an. Au bout de 30 ans, vous avez obtenu 107 854 euros.

Si vous avec placé ces 10 000 euros en fonds communs de placement, vos frais s’élèvent à 2,35%, soit un rendement net de 6,15%/an. Au bout de 30 ans, vous avez obtenu 59 924 euros, soit quasiment deux fois moins.

Payer 2,35% de frais par année revient à laisser s’évaporer plus de 48% de votre rendement sur 30 ans. De leur côté, les fonds indiciels vous permettent de conserver plus de 93% de votre rendement.

Si cela ne vous parle toujours pas, peut-être que ce graphique sera plus éloquent.

Quelle portion de votre capital est absorbée par vos frais ?
Les fonds communs de placement mangent la moitié de votre rendement.

Leur performance est supérieure à celles des fonds communs de placement

Tous les ans, l’étude SPIVA (S&P Indices Versus Active) mesure la performance des fonds communs de placement par rapport aux indices, qui servent de benchmarks (une base pour faire des comparaisons).

L’étude SPIVA démontre que plus de 90% des fonds communs de placement sont battus par leur indice de référence sur une période de 15 ans.

Cela revient à dire qu’investir dans des fonds indiciels vous offre la garantie de battre au moins 90% des fonds à gestion active. Jeu, set et match.

Votre portefeuille d’ETF vous place donc parmi les investisseurs les plus performants.

Ils permettent une certaine tranquillité d’esprit

Lorsque vous investissez dans un fonds commun de placement ou si vous sélectionnez vous-même vos titres, vous allez régulièrement vous demander si vous avez fait les bons choix.

Et en cas de mauvaises performances, vous allez probablement vous en vouloir de ne pas avoir su faire les bons choix.

Inversement, si vous investissez dans l’ensemble du marché via un fonds indiciel, non seulement vous n’avez pas à choisir individuellement vos titres, mais vous êtes sûr d’avoir fait le bon choix.

Le bon choix, c’est celui d’investir dans l’ensemble du marché, et donc de ne pas choisir ! Ne pas choisir (en choisissant tout), permet d’éviter d’avoir à vous demander si vous avez fait les bons choix (vous me suivez toujours ?).

Les fonds indiciels permettent d’investir avec plus de sérénité, et moins de questions: l’idéal pour conserver un bon sommeil.

Ils réduisent les risques

Lorsque vous investissez dans un indice largement diversifié, vous vous moquez de la performance individuelle de chaque action contenue dans l’indice. Seul vous importe la performance globale de l’indice.

Si une entreprise venait à faire faillite et/ou à disparaître de l’indice, elle serait immédiatement remplacée par une autre, en croissance.

La performance des indices est donc peu affectée par les déboires de quelques titres.

Par exemple, Enron était la 7ème capitalisation boursière mondiale en 2000. Lorsque la société fit faillite en 2001, son cours chuta de 90$ l’action à presque 0$ en quelques mois.

Tous les portefeuilles concentrés possédant des actions Enron ont souffert de cette fin brutale. En revanche, en regardant les cours du S&P500, le principal indice américain, rien n’indiquait que la 7ème compagnie mondiale venait de disparaître.

Investir n’empiète pas sur votre temps libre

Qui dit fonds indiciels dit gestion passive, et qui dit gestion passive dit que « le temps nécessaire pour investir est proche de zéro ».

Les fonds indiciels répliquent automatiquement la performance d’un indice. Une fois acheté, vous n’avez plus rien à faire.

Vous pouvez donc continuer à vivre votre vie pendant que d’autres passent leurs soirées à sélectionner des actions.

Leur performance passée a du sens

Autant la performance passée des fonds communs de placement n’a aucun sens (leur composition évolue et leurs gestionnaires changent), autant celle des fonds indiciels fait sens.

Pourquoi ? Parce qu’un fonds indiciel représente l’ensemble d’un marché, et que sa performance à long terme est donc une bonne approximation du niveau de rendement moyen attendu.

Ils permettent d’appliquer toutes les stratégies possibles

La grande diversité des ETF existants, évoquée plus haut, permet à tout investisseur d’appliquer facilement sa propre stratégie.

Il est possible de se construire facilement le portefeuille désiré, tout en sachant exactement ce qu’il y a dans chaque ETF investi puisque leur composition est totalement transparente.

Cela permet de maîtriser totalement dans quoi est investi son argent.

Les plus grands experts recommandent les fonds indiciels

Warren Buffett recommande les fonds indiciels
Warren Buffett recommande d’investir dans des fonds indiciels

En investissant dans des fonds indiciels, vous suivez les conseils des plus grands investisseurs. Petit florilège:

La plupart des investisseurs, tant institutionnels qu’individuels, constateront que la meilleure façon de détenir des actions ordinaires est à travers un fonds indiciel dont les frais sont minimes.

Warren Buffett

98% de la population devrait essentiellement investir dans des fonds indiciels. Ce sont les instruments de placement dont les résultats sont les plus prévisibles. L’investisseur s’en tirera mieux qu’en faisant de la sélection de titres, ce qui est très difficile. Surtout en travaillant en même temps. On ne peut pas faire les deux.

Charles Schwab

Les médias parlent des victoires ponctuelles et spectaculaires obtenues par les fonds gérés de manière active, mais pas des fonds indiciels qui produisent des résultats positifs de manière régulière, et qui gagnent au bout du compte.

W. Scott Simon

Lorsque vous réalisez combien de conseillers ont effectivement battus le marché ces dernières années, vous devriez acquérir la discipline de faire mieux: investir dans des fonds indiciels.

Mark Hulbert

Lorsqu’on examine les résultats, déduction faite des frais et des impôts, sur des périodes de temps raisonnablement longues, il n’y a pratiquement aucune chance de battre les fonds indiciels.

David Swensen

Quelles sont les éventuelles limites des fonds indiciels ?

Aucun support d’investissement n’est parfait, et les trackers ne font pas exception.

Quelques risques et limites peuvent cependant être adressées aux fonds indiciels. Voyons lesquels.

Les ETF pourraient conduire à l’uniformisation des cours

Investir dans un fonds indiciel large comme le CAC40 revient à investir presque uniformément dans chacune des 40 entreprises, de manière indifférenciée.

Peu importe leurs résultats, leurs bénéfices, elles sont toutes traitées de la même manière, ce qui peut dans l’absolu conduire à une certaine uniformisation de l’évolution des cours des actions.

Les marchés deviendraient alors moins efficients (le cours des actions refléterait moins la valeur des entreprises).

Sauf qu’on est encore très très loin du 100% ETF chez les investisseurs (seulement 10% en Europe): les fonds communs de placement sont encore largement présent. Ils ont même probablement (et malheureusement) encore de beaux jours devant eux grâce à leur marketing agressif.

De plus, quoiqu’on en dise, il y aura toujours des investisseurs s’estimant suffisamment malins pour superformer le marché en faisant leur propre sélection.

C’est tout simplement une caractéristique propre à l’homme que de penser que l’on peut faire mieux que la moyenne.

Cette première limite nous conduit à une seconde: le risque de liquidité.

Le risque de liquidité

Toutes les entreprises d’un même indice n’ont pas le même niveau de liquidité. Elles n’ont pas toutes le même nombre d’actions en circulation, et prêtes à être échangées.

En cas de désinvestissement massif des ETF (dans le cas d’une grande crise de premier plan), il pourrait donc y avoir des problèmes de liquidité.

Ce risque concerne principalement les ETF à réplication physique, qui contiennent toutes les actions d’un même indice.

Cependant, on est encore loin d’une situation dans laquelle les ETF à réplication physique auraient un encours tel qu’il serait susceptible de créer un manque de liquidité à l’échelle mondiale en cas de retrait massif des investisseurs.

De plus, le potentiel manque de liquidité n’est pas propre aux fonds indiciels mais à tous les fonds.

Toutefois, il reste donc intéressant d’investir également dans des ETF à réplication synthétique, tout comme d’adopter une stratégie suffisamment bien équilibrée pour ne pas être tenté de tout revendre lors de la prochaine crise.

Les ETF pourraient-ils créer une bulle spéculative ?

Les ETF pourraient créer une bulle spéculative
Les fonds indiciels, la prochaine bulle spéculative ?

Face à la montée en puissance des fonds indiciels, certains les désignent comme la cause de la prochaine bulle spéculative.

C’est notamment le cas de Michael Burry, incarné par Christian Bale dans le film The Big Short, qui avait réussi à anticiper la crise financière de 2008.

L’argument reste le même: investir dans l’ensemble du marché gonflera artificiellement le prix de certaines actions, et le jour où la bulle éclatera, le manque de liquidités aggravera la situation.

En réalité, une grande partie de l’argent investi dans les fonds indiciels provient du désinvestissement des fonds actifs.

Deuxièmement, les fonds indiciels répondent à une logique d’investissement à long terme. Les investisseurs passifs qui investissent à long terme sont moins susceptibles de revendre leurs fonds indiciels au prochain retournement de marché, car ils savent que la bourse monte à long terme.

Il n’en est pas de même pour les investisseurs actifs et les gérants de portefeuilles, qui ont une logique à plus court terme, qui a tendance à amplifier l’évolution des cours.

Enfin, face à la concurrence des fonds indiciels et au déclin relatif de la gestion active, il est plutôt logique de voir certains gestionnaires actifs tenter de faire peur aux investisseurs en parlant de bulle spéculative (Michael Burry est un gestionnaire de fonds actif).

Le risque sur le swap

Ce risque concerne uniquement les ETF à réplication indirecte/synthétique.

Il s’agit du risque de contrepartie. L’ETF ne possède pas exactement les actions qui composent l’indice qu’il cherche à répliquer et obtient la performance exacte grâce au swap fournit par un autre acteur financier.

La valeur du swap mesure la différence de performance entre les actions du fonds indiciel à réplication indirecte et son indice de référence.

Plus le swap est élevé, plus le risque de contrepartie est présent.

Les émetteurs de trackers sont de plus en plus transparents concernant cette information. Ainsi, l’émetteur Lyxor affiche le risque de contrepartie sur le swap pour les derniers mois.

Risque de contrepartie sur le swap - ETF
Le risque de contrepartie est indiqué de manière transparente

Le risque sur le prêt de titres

Les ETF à réplication physique prêtent parfois leurs titres à d’autres acteurs financiers: c’est une source de revenus supplémentaire pour l’ETF.

Le risque pour l’ETF est que l’acteur financier qui se fait prêter des actifs fasse faillite. Cependant, les prêts se font souvent en échange d’une garantie (un collatéral), dont la valeur est mesurée par le niveau de collatéralisation.

Cette information, ainsi que le pourcentage de l’actif prêté sont publiés par Lyxor. Cependant, il semblerait que cette pratique soit en net recul, et que de moins en moins d’ETF à réplication physique aient recours au prêt de titres.

les prêts de titres des fonds indiciels
De moins en moins de fonds indiciels ont recours aux prêts de titres

Il y a plusieurs types de risques qui pèsent sur les fonds indiciels, même s’ils paraissent pour la plupart peu probables ou très lointains. Il semble clair que ces « limites » semblent loin de contrebalancer les immenses avantages des trackers.

Comment acheter des fonds indiciels ?

Comment investir dans des fonds indiciels ? La question est souvent posée, et la réponse est très simple : de la même manière que des actions.

Les fonds indiciels se négocient à l’achat ou à la vente comme des actions, via un courtier en ligne, une assurance vie ou encore un PEA.

Comment passer un ordre d’achat avec le courtier Degiro

Les courtiers offrent le plus large choix d’ETF, même si les assurances vie développent de plus en plus leur offre. Quant au PEA, les ETF éligibles doivent avoir une majorité d’actions européennes.

Toutefois, grâce aux fonds indiciels à réplication synthétique, certains ETF éligibles au PEA permettent d’investir en dehors de l’Europe, et même dans des obligations.

Conclusion: les fonds indiciels, le support à privilégier pour investir

En bourse, il est souvent conseillé d’investir uniquement dans des actifs que l’on comprend: il se trouve que les fonds indiciels sont très faciles à comprendre.

Les fonds indiciels sont le support d’investissement parfait pour l’investisseur: diversification, efficacité, frais très réduits, ils ont tout pour plaire.

Ils sont à la fois le premier et le seul ingrédient nécessaire pour mettre en place une stratégie d’investissement efficace. Il est inutile d’aller chercher plus loin.

Un portefeuille uniquement composé d’ETF est donc largement suffisant pour investir, quelle que soit votre stratégie.

Si vous n’avez pas encore de fonds indiciels en portefeuille, qu’attendez-vous ? À titre personnel, mes portefeuilles d’investissement sont constitué à 100% d’ETF.

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