Faut-il investir dans les ETF (trackers) ? Le guide

De plus en plus d’investisseurs découvrent les ETF, et se posent la question : faut-il y investir ? Pour ceux qui s’interrogent, comme pour ceux qui veulent franchir le pas, j’ai écrit un livre numérique : « Le guide pour investir dans les ETF (trackers) » .

Cet article reprend le contenu de ce guide, que vous pourrez télécharger au format PDF en bas de page.

Un ETF, c’est quoi ?

Un ETF définition

ETF signifie Exchange-Traded Fund (fonds négocié en bourse). Il s’agit d’un fonds qui peut être composé de différents actifs (actions, obligations, matières premières…).

Les ETF sont des fonds indiciels, car ils cherchent à répliquer la performance d’un indice boursier, comme le CAC 40 ou le S&P 500 (l’équivalent américain du CAC 40). On les appelle aussi trackers (ils traquent la performance d’un indice).

Les ETF sont cotés en bourse, ce qui permet d’acheter et de vendre des parts d’ETF très facilement : les investisseurs deviennent alors propriétaires d’une fraction d’un ETF, un peu à la manière d’une action (qui permet de posséder une fraction d’une entreprise).

Les principaux avantages des ETF

Les avantages des ETF sont nombreux. Voici les principaux :

  1. Ils permettent d’investir facilement, en y consacrant un minimum de temps.
  2. Ils permettent d’investir avec des frais très faibles (il n’y a aucun gestionnaire à rémunérer).
  3. Les ETF vous permettent d’investir en faisant un minimum de transactions, ce qui réduit l’imposition (voir l’annule dans certains cas).
  4. Ils permettent d’investir en étant largement diversifié, ce qui minimise les risques.
  5. Les ETF sont 100% transparents, vous savez exactement ce dans quoi vous investissez.
  6. Vos résultats à long terme vous placeront probablement devant 90% des investisseurs actifs (c’est-à-dire devant les traders et autres gestionnaires actifs professionnels).

Concernant le 6ème point, une étude menée conjointement par les Universités de Californie, Taipei et Pékin a démontré que les investisseurs passifs (qui investissent dans des indices grâce aux ETF) obtiennent de meilleurs rendements que les investisseurs actifs (les traders), dont les pertes sont proportionnelles au nombre de transactions effectuées.

ETF vs Fonds communs : gare à la confusion !

Il ne faut pas confondre :

ETF vs Fonds communs - investissement actif ou passif
  • Les ETF, qui suivent passivement et de manière automatisée des indices.
  • Les FCP, ou Fonds Communs de Placement, qui sont gérés activement par des gestionnaires qui décident en temps réel de la composition de leur fonds.

Par ailleurs, les ETF ont des frais moyens d’environ 0,2%/an, tandis que les frais des fonds communs de placement tournent autour de 2% ou 3%/an.

Enfin, les ETF vous assurent d’obtenir la performance des indices, tandis les fonds communs cherchent à battre le marché et les indices : ce en quoi ils échouent la plupart du temps.

En effet, la suprématie de l’investissement passif par rapport à l’investissement actif est confirmé par l’étude annuelle de la SPIVA (S&P Indices Versus Active).

Des ETF pour investir dans quels indices ?

Les ETF permettent d’investir dans de nombreux indices d’actions, permettant la mise en place de stratégies très variées :

  • Les grands indices d’actions : CAC 40 (France), STOXX 600 (Europe), S&P 500 (États-Unis), Nikkei 225 (Japon)…
  • Les petites entreprises : Russel 2000 (États-Unis), EURO STOXX Small (Europe)…
  • Des indices thématiques : Nasdaq 100 (Technologies), STOXX Europe 600 Healthcare (Santé)… 
  • Des indices à exclusion : MSCI USA SRI (exclue les entreprises ayant un impact social et environnemental trop négatif), MSCI World Islamic (exclue les entreprises liées au porc, aux jeux d’argent, à l’alcool…)
  • Des indices à effet de levier : CAC 40 Daily (2x) Leveraged (Performance du CAC 40 multipliée par 2), 
  • Des indices short : S&P 500 Short (Performance inverse du S&P 500)…
  • Des indices factoriels : S&P Dividend Aristocrats (dividendes élevés), MSCI Minimum Volatility (faible volatilité)…

… Mais aussi  de suivre d’autres classes d’actifs en dehors des actions :

  • Les obligations : Obligations d’État ou d’entreprises, à différentes échéances : court, moyen ou long terme…
  • Les métaux / matières premières : Or, argent, gaz, minerais, produits agricoles…
  • Les crypto-monnaies : Bitcoin…

Les ETF permettent aujourd’hui d’investir de plus en plus finement, notamment dans ce qu’on appelle « les Méga-tendances » : les grandes tendances sociétales qui vont façonner le monde dans les prochaines décennies.

Ainsi, on commence à trouver des ETF permettant de s’exposer aux secteurs les plus innovants : robotique, smarts cities, blockchain, eSports, mobilité du futur…

Les émetteurs d’ETF

Les émetteurs d’ETF sont les sociétés qui mettent en place et gèrent les ETF dans lesquels on peut investir. Ce sont souvent des filiales de banques (Lyxor est une filiale de la Société Générale, Amundi appartient au Crédit Agricole),  ou encore des fonds d’investissement (Vanguard). Les principaux émetteurs d’ETF sont :

  • Aux États-Unis : iShares, Vanguard, Invesco, SPDR, WisdomTree…
  • En Europe : Amundi, DWS, Lyxor, BNP Paribas Easy…
Principaux émetteurs d'ETF - trackers

La multiplication des émetteurs d’ETF et la concurrence qu’ils se livrent bénéficient grandement à l’investisseur, qui a accès à des ETF de plus en plus qualitatifs et compétitifs.

Réplication : Comment les ETF suivent les indices

Les ETF peuvent répliquer (suivre afin d’obtenir) la performance d’un indice de deux façons différentes. On distingue :

  1. Les ETF à réplication physique : Ils détiennent exactement l’ensemble des actions contenues dans l’indice dont ils cherchent à répliquer la performance. Au sein de l’ETF, les actions sont pondérées de la même manière que dans l’indice (les actions des plus grandes entreprises ont davantage de poids que les actions des entreprises plus petites).
  2. Les ETF à réplication synthétique : Ils détiennent un panier d’actions très liquides plus ou moins proches de leur indice, et ils obtiennent la performance exacte de l’indice grâce à un swap (échange) réalisé avec un autre acteur financier (qui peut être la banque mère de l’émetteur de l’ETF), qui s’engage à fournir la performance de l’indice contre une rétribution.

Le faux débat : Certains investisseurs ont tendance à penser que les ETF à réplication synthétique sont plus risqués, en cas de faillite de l’acteur financier qui fournit la performance de l’indice (risque de contrepartie).

Cependant, les ETF à réplication synthétique contiennent des actions beaucoup plus liquides (faciles à échanger), ce qui leur permet de répliquer plus fidèlement la performance de l’indice, et d’être potentiellement moins exposés lors des crises.

Au final, aucun type de réplication n’est meilleur que l’autre dans l’absolu : ils ont chacun leurs avantages et inconvénients. Il est donc sensé d’avoir un portefeuille constitué à la fois d’ETF à réplication physique et synthétique.

Comment “Lire” un ETF ?

La dénomination complète d’un ETF peut parfois faire un peu peur : voici comment la décrypter.

Comment lire et décrypter un ETF

L’indication de la politique de distribution des dividendes peut varier selon l’émetteur :

  • Dividendes distribués : Dist / (D)
  • Dividendes capitalisés : Acc / (C)

L’indication du type de réplication n’est pas toujours mentionnée dans la dénomination de l’ETF (Lyxor a par exemple choisi de la mentionner uniquement lorsqu’elle est physique).

Les principaux pièges des ETF

Les ETF permettent d’investir facilement, en limitant les risques. Cependant, il y a certains pièges à éviter :

  • Les ETF à effet de levier : L’effet de levier permet de doubler ou tripler la performance, à la hausse comme à la baisse. En cas d’effondrement du marché (ce qui arrive régulièrement, le dernier a eu lieu en février/mars 2020), un effet de levier garantit une perte en capital presque totale.                                           
  • Les ETF short : Ils permettent de parier sur les baisses du marché. Si le marché plonge, vous gagnez. Mais l’inverse est aussi vrai : lorsque le marché est haussier (et c’est le cas la plupart du temps), vous perdez.
  • Le trading sur ETF : Que ce soit sur des actions, sur des produits dérivés, sur le Forex ou sur des ETF, le trading est une activité particulièrement difficile. Elle nécessite plusieurs années d’apprentissage, avec une grande implication. En plus, la vaste majorité des traders sont battus par les indices (et donc par tous ceux qui investissent à long terme avec des ETF).
  • Les ETF thématiques / sectoriels : Ils sont bien moins diversifiés (et bien plus volatils) que les grands indices d’actions. Il serait dangereux de faire all-in sur un secteur en particulier. Il est donc recommandé d’utiliser les ETF sectoriels avec parcimonie.

La performance des ETF

La performance d’un ETF est prévue pour égaler celle de son indice de référence. Et la performance de l’indice dépend elle-même de la classe d’actif à laquelle il appartient : actions, obligations, métaux, matières premières.

Au sein d’une même classe d’actifs, les performances peuvent toutefois être très diverses, selon le type d’actions (secteur, petite ou grande entreprise…), le type d’obligations (à court ou long terme), et les différents métaux et matières premières.

Cependant, historiquement parlant, et dans les grandes lignes, la performance et la volatilité annuelle des différentes classes d’actifs (qui sont des moyennes, ne l’oublions pas) sont représentées sur le graphique ci-dessous.

Performance des classes d'actifs

Ce graphique n’est cependant pas une vérité absolue, et n’est donc pas à prendre au pied de la lettre. Il pourra néanmoins vous aider à mieux comprendre ce à quoi vous vous exposez, en fonction du type d’indice (et d’ETF) dans lequel vous investissez.

Nous l’avons vu, la performance d’un ETF dépend de celle de son indice de référence. Par exemple, durant la dernière décennie (2010-2019), l’indice le plus performant a été le Nasdaq 100 (secteur technologique) : +14,74% / an (sans compter les dividendes).

Les ETF qui répliquent l’indice Nasdaq 100 ont donc performé à hauteur d’environ +15%/an entre 2010 et 2019. Pour autant, voici la performance de ce même indice lors de la décennie précédente (2000-2009) a été de -5,67% / an (toujours sans compter les dividendes).

Performance annuelle moyenne du Nasdaq 100

Investir dans un ETF Nasdaq entre 2000 et 2009 a donc été largement perdant. Et pour cause, le Nasdaq a subi l’explosion de la bulle technologique (2000-2002), puis la crise des Subprimes (2008). La décennie 2010-2019 a ensuite été bien plus favorable.

Bien que la plupart des indices montent à long terme, la bourse est cyclique : les années (et décennies) ne se ressemblent pas. Si vous voyez un ETF produire un rendement exceptionnel, soyez conscient qu’il y aura toujours un retour à la moyenne, un jour ou l’autre.

Quels critères pour sélectionner ses ETF ?

Les ETF que vous choisirez seront différents selon la stratégie que vous souhaitez mettre en place. Vous pouvez par exemple :

  • Construire un portefeuille Buy-and-Hold (acheter des ETF puis les conserver pour profiter de leur hausse à long terme), composé d’ETF très diversifiés au niveau géographique et en classes d’actifs (actions, obligations, métaux, etc).
  • Suivre les tendances haussières sur des ETF spécifiques, afin de chercher un rendement plus élevé (cela nécessite cependant de savoir quand entrer et sortir d’une position). Votre portefeuille sera alors plus concentré que pour du Buy-and-Hold.

Mes deux stratégies d’investissement sont d’ailleurs constituées d’ETF à 100%. Les ETF me permettent de profiter avec facilité de la hausse à long terme des indices boursiers, pour un coût dérisoire.

Vous pouvez également rester minimaliste avec un portefeuille comportant un seul ETF (exemple : ETF World), ou bien opter pour plusieurs ETF afin d’aller plus loin dans l’optimisation, ce qui vous permettra de calibrer votre exposition au risque et à la volatilité.

L’éligibilité des ETF dans les différentes enveloppes fiscales (PEA, Assurance vie ou Compte titres) est également un critère à avoir en tête.

Cependant, le choix d’une enveloppe fiscale dépend lui-même de la stratégie que l’on souhaite mettre en place : le PEA est excellent pour les stratégies offensives, tandis que l’Assurance vie et le Compte titre permettent d’investir de façon plus équilibrée.

Si vous souhaitez creuser la question, je vous invite à lire l’article suivant dans lequel je passe en revue 10 critères pour choisir ses ETF.

Une brève histoire des ETF

  • 1896 – Création du premier indice boursier : Premier indice boursier au monde, le Dow Jones est créé pour pouvoir évaluer facilement la performance du marché.
  • 1975 – Le premier fonds indiciel : John Bogle lance le fonds indiciel Vanguard 500, qui réplique à moindre coût la performance de l’indice S&P 500.
  • 1993 – Naissance des ETF : Les premiers ETF voient le jour. Ces fonds indiciels cotés en bourse, très accessibles, connaissent un franc succès.
  • 2008 – Le pari de Warren Buffett : Le milliardaire parie 1M$ avec Protégé Partners que leurs fonds actifs ne battront pas un fonds indiciel S&P 500 sur 10 ans.
  • 2015 – Game over pour la gestion active : 3 ans avant la fin du pari, Protégé Partners reconnaît sa défaite et celle de ses fonds actifs face au S&P 500, et déclare forfait.
  • 2019 – Le triomphe des fonds indiciels : L’encours mondial des fonds indiciels (4,27 Billions de Dollars) dépasse celui des fonds actifs (4,25 Billions de Dollars).

L’avis des grands investisseurs

Pour clôturer ce guide sur les ETF, il est intéressant de noter que les investisseurs considérés comme faisant partie des meilleurs au monde recommandent tous d’investir à long terme dans des fonds indiciels (ce qui est le cas lorsqu’on investit dans les ETF).

Warren Buffett - ETF

La meilleure façon de détenir des actions ordinaires est à travers un fonds indiciel dont les frais sont minimes.

Warren Buffett
Charles Schwab - ETF

98% de la population devrait investir dans les fonds indiciels. L’investisseur s’en tirera mieux qu’en faisant de la sélection de titres, ce qui est très difficile.

Charles Schwab
David Swensen - ETF

Sur des périodes de temps raisonnablement longues, il n’y a pratiquement aucune chance de battre les fonds indiciels.

David Swensen
John Bogle - ETF

La formule gagnante pour réussir dans l’investissement est de posséder tout le marché via un fonds indiciel.

John Bogle

Bonus : Deux exemples de stratégies 100% ETF

1. Le Portefeuille Permanent

La première stratégie est assez connue : il s’agit du Portefeuille Permanent d’Harry Browne. Ce modèle de portefeuille a été créé pour faire face aux différentes saisons économiques.

Stratégie ETF - le Portefeuille Permanent

Principaux avantages :

  • Il n’a perdu que -5,2% dans sa plus mauvaise année depuis 1972.
  • Ce portefeuille permet de rester serein en toute circonstance.

Principaux inconvénients :

  • Dans le monde actuel avec des taux négatifs, 25% du portefeuille (les liquidités) ne produit plus aucune performance.
  • La répartition en quatre quarts égaux ne tient pas compte des différents niveaux de performance et de volatilité des actifs.

Exemples d’ETF pour le Portefeuille Permanent (sur compte titre) :

  • Actions : Lyxor Core MSCI World (LU1781541179)
  • Obligations : Lyxor Euro Government Bond 25+Y (LU1686832194)
  • Or : Amundi Physical Gold (FR0013416716)
  • Liquidités : SPDR Barclays 1-3 Year Euro Government Bond (IE00B6YX5F63)

2. Suivre la tendance sur le CAC 40

La deuxième stratégie consiste à suivre les tendances haussières sur l’indice CAC 40. Il s’agit d’investir sur le CAC 40 lorsqu’il a progressé sur les 8 derniers mois, puis de basculer sur les obligations d’État lorsque la performance récente de l’indice est négative.

Stratégie ETF - suivi de tendance sur le CAC 40

Principaux avantages :

  • Améliore le rendement annuel moyen : de 7,19%/an à 11,05%/an.
  • Réduit  la volatilité et diminue l’impact des plus grandes crises (2001-2002 et 2008).

Principaux inconvénients :

  • Demande une gestion mensuelle.
  • Performance réduite lors des périodes sans tendance claire (haussière ou baissière).

Exemples d’ETF pour le suivi de tendance sur le CAC 40 (sur PEA) :

  • Actions : Amundi CAC 40 (LU1681046931)
  • Obligations : Lyxor PEA Obligations d’État Euro (FR0013346681)

Ces deux stratégies ne sont pas les seules possibles : il en existe beaucoup d’autres, dont certaines plus avancées. L’objectif est de vous montrer des exemples de ce qu’il est possible de faire; pas que vous les copiez sans réfléchir.

Vous devez toujours être pleinement responsable de vos décisions d’investissement (choix de la stratégie selon votre profil, de l’enveloppe fiscale, des ETF…).

Merci d’avoir lu ce guide !

J’espère qu’il vous a été utile pour mieux comprendre les ETF et pour vous préparer à investir.

Vous pouvez télécharger le guide en PDF :

Des questions ? Écrivez-moi.

Si vous souhaitez aller plus loin et vous faire accompagner pour mettre en place votre portefeuille d’ETF, je vous invite à réserver un appel gratuit de 45mn avec moi.

Un accompagnement vous permettra de gagner du temps, d’éviter les erreurs qui pourraient vous coûter cher, et d’appliquer une stratégie robuste et éprouvée pour avoir un portefeuille sécurisant et performant à long terme.

Je vous souhaite du succès dans vos futurs investissements !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *