Le Chemin Simple vers la Richesse

Le chemin simple vers la richesse

Le chemin simple vers la richesse – Votre feuille de route vers l’indépendance financière et une vie riche et libre. De JL Collins, 2016.

Titre original : The Simple Path to Wealth – Your road map to financial independence and a rich, free life.

Pour commencer

Si vous cherchez à toucher une étoile, vous ne l’aurez peut-être pas. Mais vous ne reviendrez pas non plus avec une main pleine de boue.

Leo Burnett

Introduction

Ce livre est issu d’une série de lettres que l’auteur a écrit à sa fille, puis rassemblées dans un blog, sur des sujets qu’elle n’était pas encore prête à entendre.

L’argent est un outil puissant dans ce monde, et s’il peut être un bon serviteur, il peut aussi vous dominer.

La plupart des gens n’ont pas le temps de penser à leur argent, ce qui risque de les pousser dans les bras des charlatans qui cherchent à complexifier l’investissement, et à le rendre plus couteux.

Les investissements complexes n’existent que pour profiter à ceux qui les créent et les vendent.

Voici quelques conseils clé à garder en tête :

  • Dépensez moins que ce que vous gagnez, investissez la différence et éviter les dettes.
  • Évitez les conseillers en investissement. Trop d’entre eux n’ont que leur propre intérêt en tête.
  • La chose la plus précieuse que l’argent peut acheter est votre liberté.
  • Investir judicieusement n’est pas compliqué.
  • Plus vous épargnez et investissez une part importante de vos revenus, plus vous atteindrez rapidement l’indépendance financière.
  • Le marché boursier est un outil puissant pour s’enrichir, et vous devriez y investir. Toutefois, il peut parfois chuter de manière spectaculaire. C’est tout à fait normal et il faut s’y attendre. Lorsque cela arrive, ignorez la chute et continuez à investir.
  • Lorsque vous pourrez vivre un an avec 4 % de vos investissements, vous serez financièrement indépendant.

Une parabole : Le moine et le ministre

Deux amis d’enfance se retrouvent. L’un est devenu ministre du roi, l’autre, un humble moine.

Le ministre dit au moine que s’il pouvait servir le roi, il n’aurait pas à manger du riz et des haricots.

Le moine répond au ministre que s’il pouvait vivre en mangeant du riz et des haricots, il n’aurait pas à servir le roi.

Mon histoire : Il n’a jamais été question de retraite

Je n’ai jamais eu pour but de prendre ma retraite, mais de disposer de plus d’options, et de pouvoir dire non.

J’ai commencé à travailler tôt, et j’ai toujours été un « épargnant ». Cela m’a permis de payer mes études. Je me suis rendu compte que dans un monde sans sécurité :

  • Les gens qui se retrouvent fauchés du jour au lendemain, suite à une perte d’emploi, par exemple, ont simplement failli à maîtriser l’argent.
  • L’indépendance financière consiste aussi à arriver à vivre modestement.
  • Lorsque vous avez suffisamment d’argent, vous pouvez négocier des vacances ou des congés sans solde, sans craindre la réponse de votre employeur. Vous n’êtes plus à sa merci.

Ainsi, grâce à ma F-you Money (La « fuck-you money » est une expression qui désigne la somme d’argent qui sera suffisante pour claquer la porte à son patron si l’on le souhaite), j’ai pu m’octroyer du temps pour voyager, acheter un business, passer du temps avec ma fille, et même ne rien faire, sans aucun plan. Dans le même temps, ma femme a pu devenir mère au foyer et faire du volontariat.

Nous avons atteint l’indépendance financière en 2011. Trois choses nous ont grandement aidé :

  • Un taux d’épargne inébranlable de 50 %.
  • Éviter toute forme de dettes.
  • Adopter la leçon donnée par John Bogle sur les fonds indiciels.

Pourtant, j’ai commis de nombreuses erreurs de parcours, notamment celle d’investir dans une société minière, qui m’a coûté 50 000 $. Mais personne ne m’avait dit que sélectionner des actions était un jeu dangereux.

Vieillir me fait aujourd’hui prendre conscience que chaque jour est précieux. J’exclus de plus en plus les activités et les personnes qui n’apportent aucune valeur dans ma vie, afin de pouvoir ajouter celle qui en ont.

Le monde est beau et grand. L’argent n’en est qu’une petite partie. Mais la « F-you money » vous donne la liberté, les ressources et le temps de l’explorer à votre guise. Retraité ou non. Profitez de votre voyage.

Remarques importantes

  1. Les choses changent : Les lois, les frais des fonds et la fiscalité évoluent, et pourront ne plus être à jour, sans que cela n’impacte les concepts présentés.
  2. Scénarios et projections : Pour la période considérée, de 1975 à 2015, le marché à produit un rendement annuel moyen de 11,9 % par an (en réinvestissant les dividendes et en ignorant, l’inflation, les taxes et les frais).

Toutefois, les résultats passés ne doivent pas être utilisés pour prévoir les rendements futurs.

Partie 1 : Orientation

La marée est haute mais je m’accroche.

Blondie

La dette : un fardeau inacceptable

La dette est considérée comme faisant partie de la vie, alors qu’elle constitue l’obstacle principal à l’enrichissement.

Voici les principaux inconvénients à s’endetter :

  • Votre train de vie diminue.
  • Vous êtes asservi à vos revenus pour payer votre dette.
  • Votre niveau de stress augmente.
  • Vous vivez les mêmes émotions négatives que les toxicomanes : honte, culpabilité, solitude, impuissance.
  • Vos options se réduisent.
  • Vous pensez à vos erreurs passées et à votre avenir sombre.

Mais que faire avec les dettes que vous avez déjà ? Tout dépend de leur taux d’intérêt :

  • Moins de 3 % : Remboursez lentement et privilégiez l’investissement.
  • Plus de 5 % : Remboursez-les le plus vite possible.
  • Entre 3 et 5 % : Faites ce qui est le plus confortable pour vous.

Remboursez vos dettes n’est pas facile, mais voici comment procéder :

  • Faites la liste de toutes vos dettes.
  • Éliminez vos dépenses non essentielles (café, restaurant…) pour avoir de l’argent à disposition.
  • Classez vos dettes par taux d’intérêt.
  • Commencez par rembourser celle ayant le taux d’intérêt le plus élevé, puis attaquez-vous à la suivante, etc.

Ce ne sera pas simple : vous devrez réduire votre train de vie, et adopter une discipline pour continuer sur plusieurs années.

La bonne nouvelle est que si vous arrivez à consacrer de l’argent au remboursement de vos dettes, vous avez déjà les prérequis pour bâtir votre indépendance financière.

Quelques mots sur les « bonnes dettes » :

  • Prêt d’entreprise : utilisé par certaines entreprises pour se développer, mais certaines entreprises finissent par crouler sous leurs dettes.
  • Prêt immobilier : facilement accessible, mais il vous encourage à acheter la maison la plus chère qui soit accessible pour vous, au lieu de celle dont vous avez besoin. Et plus une maison est chère, plus son entretien l’est également.
  • Prêt étudiant : entre 1970 et 2014, les frais d’université ont été multipliés par 33, alors que l’inflation n’a multiplié les prix que par 6. Cette dette enchaîne les étudiants à un boulot pour longtemps.

Pourquoi vous avez besoin de F-You Money

Il y a beaucoup de choses que l’argent peut acheter, mais la plus précieuse d’entre elles est la liberté. La liberté de faire ce que vous voulez et de travailler pour qui vous voulez.

Ceux qui vivent d’une feuille de paye à l’autre ou qui sont endettés sont des esclaves.

Avec les années, ma quantité de F-You Money a grossi de manière substantielle, jusqu’à ce que j’aie pu dire « F-You » à mon patron lorsque j’en ai eu besoin. Ou encore, de rester sans emploi pendant 3 ans après m’être fait virer suite au 11 septembre.

Tout le monde peut-il prendre sa retraite en étant millionnaire ?

La réponse est oui pour les personnes de la classe moyenne, même cela ne leur arrivera probablement pas.

Entre 1975 et 2015, le S&P 500 a connu une croissance de 11,9 % par an, dividendes réinvestis. À ce rythme, il suffisait d’investir seulement 12 000 $ en 1975 pour obtenir 1 077 485 $ aujourd’hui. Ou encore, d’investir 150 $ par mois pour obtenir 1 136 656 $.

Une meilleure question serait de savoir si tout le monde peut obtenir l’indépendance financière.

Devenir indépendant financièrement dépend tout autant de savoir limiter vos besoins que de la somme d’argent que vous avez.

L’argent est relatif : des personnes ayant un gros salaires peuvent finir ruinées, alors que celles ayant un petit salaire peuvent obtenir leur indépendance. La formule est simple :

Dépensez moins que ce que vous gagnez – Investissez le surplus – Évitez les dettes.

Par exemple, si vous gagnez 25 000 $ par an, et que vous arrivez à vivre sur la moitié et à investir l’autre moitié, il vous faut 312 500 $ pour être indépendant, et vivre avec 4 % de votre capital chaque année. En investissant 12 500 $ chaque année et avec un rendement annuel de 11,9%, vous atteindrez la somme requise en 11,5 ans.

Ce que l’argent peut acheter est bien plus précieux que de simples choses, mais peu de gens s’en rendent compte. Le marketing nous pousse à dépenser et à considérer que nous avons de nombreux besoins (et que si nous n’avons pas assez d’argent, nous pouvons avoir un prêt).

Comment penser l’argent

Niveau 1 : Il ne s’agit pas que de dépenser

Prenez deux billets et déposez-les devant vous. Que signifient-ils pour vous ?

  1. Vous pourriez penser à ce que vous pouvez acheter avec (un dîner au restaurant, un plein d’essence, des courses…)
  2. Vous pourriez penser à les investir, puis à réinvestir ce qu’ils produiront.

La première façon de penser vous maintiendra pauvre, la seconde vous rendra riche.

Mike Tyson a gagné plus de 300 millions de dollars dans sa carrière, et il a fini ruiné. Le problème est qu’il voyait uniquement dans l’argent un moyen de dépenser, et il est loin d’être le seul dans ce cas.

Arrêtez de penser à ce que votre argent peut acheter. Commencez à penser à ce que votre argent peut gagner.

Niveau 2 : Tenez compte des coûts d’opportunité

Si vous achetez une voiture, vous n’abandonnez pas seulement la somme requise pour l’acheter : il y a un coût d’opportunité à ne plus avoir cette somme.

Admettons qu’au lieu de la dépenser, vous investissiez dans l’indice VTSAX (Vanguard’s Total Stock Market Index).

Avec un rendement (conservateur) de 8 % par an, 20 000 $ génèrent 1 600 $ par an. Dans 10 ans, vous auriez donc pu avoir 20 000 + 1 600 x 10 = 36 000 $ (et même plus si vous réinvestissez chaque année les 1 600 $).

Voilà le vrai coût de votre voiture, en tenant compte du coût d’opportunité.

La magie des intérêts composés repose sur le fait de réinvestir les intérêts que vous gagnez chaque année. Cela produit une boule de neige de plus en plus grosse.

Les coûts d’opportunité représentent l’inverse des intérêts composés.

Niveau 3 : Comment penser vos investissements

Le Dow a commencé le siècle dernier à 66 et a terminé à 11 400. Comment pouvez-vous perdre de l’argent pendant une telle période ?

Warren Buffett

Warren Buffett est souvent cité pour ses deux règles :

  • Règle n°1 : Ne perdez pas d’argent.
  • Règle n°2 : N’oubliez pas la règle n°1.

Cela ne veut pas dire qu’il a trouvé un moyen de ne jamais « perdre » de l’argent. Simplement, lorsque le marché baisse, c’est le prix des actifs qui baisse. Si vous investissez dans des entreprises profitables, leur valeur réelle reste intacte, et leur prix monte implacablement à long terme.

C’est en continuant d’acheter et en profitant des opportunités offertes par les baisses successives qu’il a fait sa fortune.

Lorsque vous détenez des parts de VTSAX, vous détenez des parts de chaque entreprise cotée en bourse aux États-Unis (soit environ 3 700 entreprises).

Votre futur financier est ainsi lié à un vaste groupe d’entreprises opérant dans le pays le plus puissant et influant sur la planète.

Certaines de ces entreprises feront faillites, mais d’autres connaitront une croissance de 200 %, et d’autres encore de 10 000 %.

Rechercher la sécurité absolue (dans un monde incertain) pourrait consister à détenir le VTSAX, et à ne dépenser que les +/- 2 % de dividendes qu’il distribue annuellement.

Investir dans un marché haussier (ou baissier) en furie

Tout est une question de peur et de cupidité, les deux principales émotions qui animent les investisseurs.

Si le marché vient de connaître une forte hausse, vous pourriez vous demander : « Est-ce un bon moment pour investir, juste avant un éventuel krach boursier ? »

Si le marché plonge dans l’un de ses cycles baissiers périodiques, vous pourriez vous demander : « Dois-je attendre que le marché ait touché le fond pour investir ? »

La peur risque de vous empêcher d’investir, ou de tout vendre en panique lors de chaque baisse. La volatilité du marché est normale, et il vous faut apprendre à vivre avec les corrections qui ne manqueront pas de survenir.

Elles sont impossibles à éviter, car personne ne sait quand elles surviendront, et les experts (gourous) passent leur temps à prédire tout et son contraire, pour faire de l’audience à la TV.

Pour les investisseurs sérieux, cependant, tout cela n’est qu’un bruit inutile et distrayant.

Si vous pensez pouvoir prédire les crashs, jouez à ce jeu.

Pour réussir à entrer et sortir au bon moment, vous devez avoir raison deux fois : trouver le point haut où sortir, puis trouver le point bas où entrer. Puis être capable de le refaire plusieurs fois.

Le market timing est un jeu impossible à gagner dans la durée.

L’histoire nous montre que le marché monte toujours. Ainsi, il est possible d’affirmer avec une certitude presque absolue que le marché sera plus haut dans 20 ans qu’aujourd’hui.

Mais il est impossible de dire ce qu’il en sera dans un jour, une semaine, un mois ou une année.

La question n’est pas de savoir si c’est le bon moment pour investir, mais « Devez-vous ou non investir dans des actions ? ».

Si vous êtes capable de garder le cap en voyant votre richesse divisée par deux lors d’un krach, alors la réponse est oui.

Mais si vous êtes prêt à abandonner un peu de performance, il y a des moyens d’atténuer un peu les baisses (voir le chapitre sur l’allocation d’actifs).

Comment exploiter l’outil de création de richesse le plus puissant du monde

La simplicité est la clé de toute véritable élégance.

Coco Chanel

Un grand krach boursier se prépare !!!! et même les économistes célèbres ne pourront pas vous sauver

Vous devez comprendre un certain nombre de choses sur le marché des actions :

  1. Il faut s’attendre à des krachs. Depuis 50 ans, nous avons connu la récession de 1974-1975, l’inflation massive des années 70 et 80, le krach de 1987 (Black Monday), le krach technologique de la fin des années 90, et la crise de 2008.
  2. Le marché se rétablit toujours, malgré les crises. Entre 1974 et 2014, le Dow Jones est passé de 616 à 17 823 points. Si vous aviez investi 1 000 $ en 1975, vous auriez obtenu 89 790 $ en 2015, juste en laissant faire.
  3. Le marché monte toujours, même s’il emprunte une route sauvage et montagneuse.
  4. Le marché boursier est l’investissement le plus performant dans le temps, sans exception.
  5. Les 50 prochaines années connaîtront autant d’effondrements, de récessions et de catastrophes que par le passé. Cela sera effrayant, mais seuls ceux qui garderont le cap prospéreront.
  6. Apprenez à ignorer le bruit et à traverser la tempête, en continuant d’investir votre argent.
  7. À moins que vous ne paniquiez, les mauvais moments n’ont aucune importance.
  8. Les krachs sont de magnifiques opportunités d’achats. De gros krachs surviennent tous les 25 ans environ, entrecoupés de petits krachs, plus fréquents.

Tout le monde gagne de l’argent lorsque le marché est en hausse. Mais ce qui détermine si le marché vous rendra riche ou vous laissera en sang sur le bord de la route, c’est ce que vous faites pendant les périodes où il s’effondre.

Le marché monte toujours

Observez le graphique historique du Dow Jones. Malgré les crises et désastres, le marché finit toujours par récupérer et par poursuivre sa hausse.

Indice Dow Jones
Indice Dow Jones – Source : Wikipédia

Le marché est composé de toutes les sociétés cotées en bourse, dont vous pouvez détenir une petite partie en achetant les actions.

Le marché peut être représenté par des indices boursiers (Dow Jones, S&P 500…). En 1976, John Bogle, fondateur de Vanguard, lança le premier fonds indiciel, basé sur l’indice S&P 500.

Il permit aux investisseurs de détenir une part des 500 plus grandes entreprises américaines, dont un seul fonds à faible coût.

Mais pourquoi le marché monte-t-il toujours ? Il y a deux raisons essentielles :

  1. Le marché s’auto-nettoie à mesure que des entreprises disparaissent, quand d’autres sont créées et entrent en bourse (sur les 30 entreprises actuelles du Dow Jones, une seule était déjà dans l’indice lors de sa création : General Electric). Si une entreprise peut perdre 100 % de sa valeur, elle peut aussi gagner 300 % ou 1 000 %. L’absence de limite haute crée un biais haussier.
  2. Détenir une action reviens à détenir des parts d’entreprises vivantes, dynamiques, qui s’efforcent toutes de réussir. Vous détenez des parts dans différents business, avec des employés qui travaillent dur, dans un environnement compétitif pour servir leurs clients.

Pourquoi la plupart des gens perdent de l’argent sur le marché

Voici pourquoi la plupart des gens perdent de l’argent en bourse :

  1. Nous pensons que nous pouvons timer le marché, pour sortir lorsqu’il est haut, et revenir lorsqu’il est bas. Mais nous sommes psychologiquement inadaptés pour prospérer dans un marché volatil. La preuve est que les investisseurs obtiennent de moins bons rendements que ceux des fonds dans lesquels ils investissent.
  2. Nous pensons que nous pouvons sélectionner des actions individuelles. Ni vous, ni moi, ni les professionnels ne peuvent sélectionner des actions gagnantes sur le long terme. Battre le marché est très difficile et aussi rares sont ceux qui y parviennent (Warren Buffett et Peter Lynch en font partie).
  3. Nous pensons pouvoir choisir des gestionnaires de fonds gagnants. Les fonds actifs s’opposent aux fonds indiciels, car ils sont gérés par des professionnels. Toutefois, très peu d’entre eux (0,6 % selon une étude) survivent et battent le marché à long terme, mais tous facturent des frais élevés.
  4. Nous nous concentrons sur l’évolution des prix et les commentaires des médias. Les médias veulent servir des drames, et non un discours sobre sur l’investissement long-terme.

Le grand et terrible événement

1929 est ce grand et terrible événement, qui marque le début de la Grande Dépression.

Les actions avaient alors perdu 90 % de leur valeur. Elles ne l’ont récupéré que 26 ans plus tard.

Voici quelques considérations sur ce krach :

  1. Vous n’auriez perdu 90 % que si vous aviez investi tout votre argent d’un coup lors du pic de 1929.
  2. Un krach est un cadeau qui booste votre accumulation de richesse : vous pouvez acheter plus d’actions au même prix.
  3. La Grande Dépression fut une crise déflationniste. Votre portefeuille aurait fondu, mais les prix des biens et services également.
  4. Le Grand et Terrible événement ne s’est produit qu’une seule fois en 115 ans.

La déflation et l’hyperinflation sont les seules formes de crises pouvant détruire massivement la richesse :

  • La déflation récompense les achats différés, fait chuter la demande et entraîne l’économie dans une spirale de krach des prix.
  • L’inflation récompense les achats immédiats, qui couteront plus chers demain. La demande explose et la valeur de la monnaie diminue dramatiquement (comme en Allemagne en 1920).

Heureusement, les actions constituent une assez bonne couverture contre l’inflation, car les prix des produits et services vendus par les entreprises augmenteront avec l’inflation.

La simplicité avant tout : Considérations et outils

La simplicité est bonne. La simplicité est plus facile. La simplicité est plus rentable.

Vous n’avez pas besoin d’investissements complexes, qui sont coûteux. Vous avez simplement besoin de trois considérations et de trois outils.

Considérations :

  • À quelle étape de votre vie d’investisseur êtes-vous ? En phase d’accumulation, ou en phase de préservation ? (cela ne dépend pas forcément de votre âge)
  • Quel niveau de risque est acceptable pour vous ? (Il n’y a pas d’investissement sans risque)
  • Votre horizon d’investissement est-il à court ou à long terme ? (Il est souvent plus lointain qu’on ne croit avec l’espérance de vie en hausse ou si vous souhaitez laisser de l’argent à vos enfants).

Vous êtes maintenant prêt à construire votre portefeuille, avec les trois outils suivants :

  1. Actions : VTSAX (Vanguard Total Stock Market Index Fund). Les actions offrent le meilleur rendement long terme et protègent contre l’inflation.
  2. Obligations : VBTLX (Vanguard Total Bond Market Index Fund). Les obligations réduisent la volatilité des actions et protègent contre la déflation.
  3. Liquidités : VMFXX (Vanguard Prime Money Market Fund) ou dans votre banque. Conservez juste ce qu’il faut pour couvrir vos dépenses courantes et les imprévus.

Ces deux fonds indiciels ainsi qu’une banque / un fonds monétaire sont tout ce dont vous avez besoin.

Comme promis, c’est peu coûteux, efficace, diversifié et simple.

Vous pouvez choisir votre allocation dans chaque investissement en fonction des considérations suivantes :

  • Augmenter le pourcentage en obligations si vous voulez une croissance plus régulière, en acceptant moins de rendement à long terme.
  • Augmentez le pourcentage d’actions si vous voulez maximiser la croissance du capital.

Les fonds indiciels sont vraiment réservés aux paresseux, n’est-ce pas ?

Euh, non. L’investissement indiciel est destiné aux personnes qui veulent obtenir les meilleurs résultats possibles.

Investir dans des fonds indiciels permet de battre les gestionnaires professionnels, surtout en prenant en compte leurs coûts.

Pourtant, de nombreux investisseurs ne veulent pas les utiliser, pour plusieurs raisons :

  1. Ils pensent qu’il est possible de sélectionner les bonnes actions, et d’éviter les mauvaises.
  2. Ils n’acceptent pas d’obtenir le rendement moyen du marché, car ils se croient supérieurs à la moyenne. Pourtant, la moyenne fait mieux que 82 à 99 % des fonds gérés activement.
  3. Les médias financiers ne cessent de présenter des individus ayant récemment battu le marché. Mais l’investissement est un jeu à long terme.
  4. Ils sous-estiment l’impact des frais qui se répercutent chaque année : les fonds communs de placement prélèvent des frais de gestion de 1,25 % par an, contre 0,05 % pour VTSAX.
  5. Ils veulent des résultats rapides et de l’adrénaline. À l’opposé, les indices ne sont pas excitants, mais ils sont rentables.
  6. L’industrie financière fait tout pour les persuader, en leur lavant continuellement le cerveau, qu’elle peut faire mieux qu’un indice.

Les indices menacent les énormes commissions que les gestionnaires de fonds perçoivent couramment.

L’investissement indiciel n’est pas seulement plus simple que les autres alternatives existantes, il est aussi plus performant pour bâtir sa richesse.

Les obligations

Les obligations apportent une couverture contre la déflation, en plus d’être moins volatiles que les actions.

Elles apportent également un revenu fixe sous la forme d’un intérêt.

Lorsque vous achetez des actions, vous achetez une partie de la propriété d’une entreprise. Lorsque vous achetez des obligations, vous prêtez de l’argent à une entreprise ou au gouvernement.

VBTLX permet d’investir dans 7 843 obligations de qualité « investment grade », ce qui réduit le risque de défaut, et qui ont des échéances variées, ce qui réduit le risque de taux d’intérêt.

Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les prix des obligations baissent. Lorsque les taux d’intérêt baissent, le prix des obligations augmente.

Protectrices contre la déflation, les obligations sont en revanche sensibles à l’inflation, dont le niveau peut dépasser l’intérêt qu’elles payent.

Il existe différents types d’obligations, ayant différents types de risques. C’est pourquoi investir dans les obligations via VBLTX permet de mitiger les risques.

Idées de portefeuille pour construire et maintenir votre richesse

Voici deux exemples de portefeuilles construits à partir des outils présentés.

Le Portefeuille d’Accumulation de Richesse

Ce portefeuille a été créé pour ma fille. Il est fait pour bâtir votre richesse et votre F-You Money.

Il est uniquement constitué d’actions, la classe d’actif la plus performante à long terme, et se compose du VTSAX (Total Stock Market Index Fund), qui est largement diversifié et très peu couteux.

Posséder ainsi 100 % d’actions est considéré comme une allocation d’investissement très agressive. Elle est agressive et dans cette phase d’accumulation de richesse, vous devriez l’être.

Votre vision est à long terme, et vous voyez dans les baisses du marché des opportunités d’achat.

Un simple investissement de 200 $ par mois dans le VTSAX entre 1975 et 2015 vous aurait permis d’accumuler 1 515 542 $.

Mettez tous vos œufs dans un seul grand panier diversifié, ajoutez-en chaque fois que vous le pouvez et oubliez-le.

Le Portefeuille de Préservation de Richesse

Si vous êtes, comme moi, proche de la retraite, vous voudrez peut-être un portefeuille moins volatil, pour plus de tranquillité d’esprit.

Il suffit d’ajouter un deuxième fonds indiciel à votre portefeuille. Voici le mien :

  • 75 % actions : VTSAX
  • 20 % obligations : VBTLX (Vanguard Total Stock Market Index Fund)
  • 5% de liquidités : à la banque, par exemple.

Ensuite, rééquilibrez votre portefeuille (votre allocation d’actifs) une fois par an.

Pour réduire encore la volatilité, en acceptant des rendements potentiellement inférieurs, vous pouvez augmenter la proportion d’obligations (VBTLX).

Choisir votre allocation d’actifs

Votre allocation d’actifs est l’équilibre qui vous convient le mieux entre les actions et les obligations.

Elle dépend de plusieurs facteurs :

  • L’effort : un portefeuille avec des actions et des obligations nécessite un rééquilibrage annuel, et un type de compte qui évite d’être taxé sur les plus-values lors du rééquilibrage. En revanche, un portefeuille 100 % en actions ne demande aucun effort de gestion.
  • Le risque : votre tempérament face au risque et votre flexibilité financière.
  • Le moment où vous voudrez intégrer des obligations : lors de votre retraite, ou en anticipant 10 ans avant. Les carrières étant moins linéaires qu’avant, l’âge importe moins que votre situation personnelle et professionnelle.

Une fois choisie, rééquilibrer votre portefeuille une fois par an est suffisant.

Fonds internationaux

Pourquoi n’y a-t-il pas de fonds internationaux dans nos deux modèles ?

  1. Risques supplémentaires : les fonds internationaux comportent un risque de change ainsi qu’un risque comptable, pour certains pays moins régulés.
  2. Frais supplémentaires : VTSAX coûte 0,05 %, et les fonds internationaux sont plus chers.
  3. L’international est déjà couvert : la plupart des entreprises du S&P 500 (compris dans le VTSAX) sont internationales, et génèrent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’étranger.

Si malgré tout, vous souhaitez utiliser un fonds international, vous pouvez inclure, au choix :

  • VFWAX : FTSE all-World ex-U.S. Index Fund (Monde ex-US)
  • VTIAX : Total International Stock Index Fund (Monde ex-US)
  • VTWSX : Total World Stock (Monde entier avec 50 % US, pour remplacer VTSAX).

TRFs : Le chemin le plus simple de tous vers la richesse

Si vous souhaitez une allocation multiple (actions internationales, obligations) dans un seul fonds, Vanguard propose des TRFs (Target Retirement Funds), des fonds de retraite à date cible.

Il suffit juste de choisir le fonds correspondant à votre départ prévu à la retraite.

Les TRFs sont des fonds qui contiennent plusieurs fonds indiciels à faible coût :

  • Total Stock Market Index Fund
  • Total Bond Market Index Fund
  • Total International Stock Market Index Fund
  • Total International Bond Market Index Fund
  • Short-Term Inflation-Protected Securities Index Fund

À mesure que la retraite approche, les fonds ajustent automatiquement leur allocation globale, pour la rendre plus conservatrice et moins volatile. Il n’y a donc rien besoin de faire.

Malgré des frais un peu plus élevés (0,15 %), les TRFs peuvent convenir à la plupart des gens qui s’intéressent peu à l’investissement, grâce à leur approche très simple.

Et si vous ne pouvez pas acheter VTSAX ? Ou même Vanguard ?

Si vous n’avez pas accès à VTSAX, il existe un équivalent sous forme d’ETF : VTI (0,05 % de frais). Il faut cependant faire attention aux frais de transaction de votre compte d’investissement, lorsque vous achetez des ETF.

Si vous vivez à l’étranger et n’avez pas accès aux fonds indiciels de Vanguard, essayez de trouver un équivalent à VTSAX, dans un compte faiblement taxé.

Vous pouvez également vous rabattre sur un ETF permettant d’investir dans le monde entier, tel VT (Vanguard Total World Stock ETF).

Qu’y a-t-il avec Vanguard en fait ?

Voici pourquoi je recommande si fortement Vanguard :

  1. Vanguard est spécial : Vanguard appartient à ceux qui investissent dans ses fonds, et non aux dirigeants, dont les intérêts divergent souvent des investisseurs, en cherchant à conserver une marge sur les frais des fonds. Cela permet à Vanguard de proposer des frais très bas, qui couvrent jute les coûts opérationnels.
  2. Les fonds Vanguard sont séparés de l’entreprise : votre investissement ne risque rien en cas de faillite de Vanguard, personne n’y aura accès.

Avec Vanguard, vous êtes propriétaire de vos fonds communs de placement – et à travers eux, de Vanguard elle-même. Vos intérêts et ceux de Vanguard sont exactement les mêmes. C’est une chose rare et belle, unique dans le monde de l’investissement.

Il est utile de préciser que je n’ai aucun partenariat avec Vanguard, et qu’ils ne me payent pas pour que je parle d’eux.

(Ici, j’ai choisi de ne pas résumer les trois chapitres décrivant les types de comptes d’investissement existant aux États-Unis)

Étude de cas : Mise en œuvre du Chemin Simple vers la Richesse

« J’ai 26 ans et mes grands-parents ont alimenté un compte pour moi depuis ma naissance, qui contient aujourd’hui 35 000 $ investis dans 12 fonds communs de placements. Je gagne 70 000 $ par an, et j’en épargne 24 % (16 800 $). Je viens de me constituer un fonds d’urgence. J’ai un plan d’épargne entreprise et mon employeur égale mes contributions jusqu’à 2,5 %. Je n’ai aucune dettes et souhaite prendre ma retraite assez tôt ».

Étant pour le moment dans la phase d’accumulation, un portefeuille à 100 % en actions conviendra parfaitement, et VTSAX est la meilleure façon d’en avoir.

Voici vers quels comptes concentrer son effort d’épargne, par ordre d’importance :

  1. Plan d’épargne entreprise : les contributions de l’employeur sont de l’argent gratuit ! Utilisez-les jusqu’au maximum de l’abondement.
  2. Plan d’épargne retraite : l’investissement est déductible des impôts, et l’imposition des gains est différée. Investissez ce qu’il reste de l’épargne après le Plan d’épargne entreprise.
  3. Revendre les 12 fonds communs de placements pour investir les 35 000 $ dans VTSAX, sur un compte ordinaire, où l’argent reste disponible. La revente entrainera un impôt sur les plus-values, mais cela vaut le coup.

S’il conserve un taux d’épargne de 24 %, en considérant un rendement moyen du marché de 11,9 % (observé depuis 40 ans), lorsqu’il aura 62 ans, ses 35 000 $ se seront transformés en plus de 2 000 000 $, sans compter les 16 800 $ ajoutés chaque année.

Il ne lui reste plus qu’à automatiser ses versements, afin de garder le cap plus facilement dans ses investissements.

S’il suit ce chemin simple, il aura sa F-You Money avant de s’en rendre compte, et travailler deviendra optionnel.

Pourquoi je n’aime pas les conseillers en investissement

Ici, les « conseillers en investissements » englobent aussi les courtiers, assureurs et gestionnaires de fonds.

Investir peut être intimidant. C’est pourquoi certains peuvent avoir envie de se tourner vers des professionnels. Mais voici le problème :

  • Les intérêts des conseillers (vendre des investissements complexes et couteux) sont opposés à ceux des clients (investir de façon simple et efficiente).
  • Rares sont ceux qui font passer les intérêts de leurs clients avant les leurs.
  • Les conseillers cherchent les investissements qui leur rapportent la plus grosse commission, plutôt que les meilleurs investissements.

Les conseillers en investissement gagnent de l’argent de trois façons différentes :

  1. Commissions : à l’achat, à la vente, ainsi que par les frais de gestion annuels des fonds recommandés.
  2. Le modèle des « actifs sous gestion » : souvent entre 1 et 2 % du total des actifs du client.
  3. Frais à l’heure : le moyen le plus simple et le plus transparent si vous avez vraiment besoin d’un conseil.

Les commissions et les frais de gestion posent le problème des conflits d’intérêts pour les conseillers. Par ailleurs, les fonds actifs qui sont généralement conseillés sous-performent les fonds indiciels.

Il est donc plus simple et moins cher d’apprendre à choisir vos investissements par vous-même.

La grande ironie du succès en investissement est que ce qui est simple est moins cher est plus rentable. Les investissements compliqués ne profitent qu’aux personnes et aux entreprises qui les vendent.

Haricots magiques

Jack Bogle et le dénigrement des fonds indiciels

Jack Bogle est le fondateur de Vanguard et le créateur des fonds indiciels à faible coût, dont le premier dut un fonds indiciel S&P 500.

Parce que l’industrie financière n’avait d’autre but que de se servir elle-même, Wall Street l’a calomnié, sans surprise.

Avec le temps, la supériorité des fonds indiciels est devenu incontestable, et plusieurs firmes en proposent désormais.

Des sommes de plus en plus importantes sont investies dans des fonds indiciels, et aujourd’hui, même Warren Buffett, le sélectionneur d’actions le plus performant de tous les temps, recommande les fonds indiciels.

« Mon conseil… ne pourrait pas être plus simple : Placez 10 % de vos liquidités dans des obligations d’État à court terme et 90 % dans un fonds indiciel S&P 500 à très faible coût (je suggère celui de Vanguard.) Je crois que les résultats à long terme découlant de cette stratégie seront supérieurs à ceux obtenus par la plupart des investisseurs – qu’il s’agisse de fonds de pension, d’institutions ou de particuliers – qui emploient des gestionnaires à honoraires élevés.

Warren Buffett

Malheureusement, la cupidité et l’argent qu’il est possible de générer fait que les fonds actifs et les gestionnaires d’actifs ne sont pas près de cesser d’exister.

Pourquoi je ne peux pas sélectionner les meilleures actions et vous non plus

Ne vous inquiétez pas, les professionnels n’y arrivent pas non plus, car toutes les informations disponibles sur un titre sont déjà intégrées dans son prix.

Partant de là, il est quasiment impossible de faire mieux qu’un indice, et illusoire de penser qu’il suffit de lire quelques livres sur la sélection de titres pour réussir à sélectionner les meilleures actions.

Beaucoup d’investisseurs ont rêvé de répliquer les résultats de Warren Buffett en lisant L’investisseur Intelligent, écrit par Benjamin Graham, son mentor.

Il est utile de préciser que les fonds indiciels n’existaient pas encore lorsque Graham a publié le livre (1949), et qu’il les a pleinement adoptés dans les années 70.

Rappelez-vous aussi qu’il n’y a qu’un seul Warren Buffett.

Un peu d’humilité peut vous aider à sauver vos fesses et votre argent.

Pourquoi je n’aime pas le Dollar Cost Averaging

Vous pourriez un jour vous retrouver avec une grosse somme d’argent à investir, provenant d’une vente ou d’un héritage.

Le Dollar Cost Averaging (DCA) consiste à entrer progressivement dans le marché, afin d’éviter une grosse perte, si le marché venait à plonger juste après que vous ayez investi.

Mais si le marché monte, entrer petit à petit vous sera moins profitable qu’investir en une seule fois, puisque vous payerez vos parts de plus en plus cher.

Or, historiquement, 77 % des années sont haussières, et 23 % sont baissières. Il y a donc plus de chance que votre DCA vous coûte de l’argent (en vous faisant acheter plus cher), qu’il ne vous évite une perte trop importante.

Cela dit, si vous avez vraiment peur que le marché ne plonge juste après que vous investissiez, utilisez le DCA.

Comment devenir un gourou de la bourse et passer sur CNBC

Les émissions financières ne manquent pas de gourous faisant des prédictions.

Avec tous les experts prédisant un futur imaginable, l’un d’entre eux aura raison de temps en temps, et on pensera qu’il est perspicace.

Si vous voulez, vous aussi, passer pour un gourou de la bourse, voici comment procéder :

  1. Faite une prévision, de préférence avec un fort mouvement baissier.
  2. Répétez-la régulièrement et attendez jusqu’à ce qu’une forte correction arrive.
  3. Publiez un communiqué de presse annonçant que vous l’aviez prédit.
  4. Libérez votre agenda pour des interviews avec les médias.
  5. Envoyez-moi mes 15 % d’honoraires d’agent au titre de votre nouveau statut de gourou.

Profitez-en vite pour vous mettre au soleil, car vos futures (mauvaises) prédictions finiront par vous discréditer.

Vous aussi, vous pouvez vous faire avoir

Le monde est rempli de prédateurs pour votre argent.

Voici comment éviter de vous faire avoir :

  • Règle N°1 : Soyez conscient que tout le monde peut se faire avoir, y compris vous, et notamment si vous pensez que vous êtes trop intelligent pour vous faire piéger.
  • Règle N°2 : Vous pouvez vous faire escroquer dans un domaine dans lequel vous êtes compétent, car votre égo fait que vous pouvez manquer de prudence. De nombreux clients de Bernie Madoff étaient des professionnels de la finance.
  • Règle N°3 : Les escrocs ne ressemblent pas aux escrocs des films. Ils ressemblent à des gens honnêtes et rassurants.
  • Règle N°4 : Les mensonges les plus efficaces sont enrobés de vérités et bien cachés.
  • Règle N°5 : Si ça semble trop beau pour être vrai, ça l’est. Rien n’est gratuit.

Quoi faire lorsque vous y êtes

L’argent vous libère de faire des choses que vous n’aimez pas. Comme je n’aime presque rien faire, l’argent est pratique.

Groucho Marx

Taux de retrait : Combien puis-je dépenser, en fait ?

Maintenant que vous avez construit votre capital, vous vous demandez combien vous pouvez en retirer chaque année, sans jamais manquer.

Vous avez probablement entendu parler de la règle des 4 % : une étude de Trinity University a démontré qu’en retirant chaque année 4 %, ajustés à l’inflation, d’un portefeuille composé à 50 % d’actions et à 50 % d’obligations, le portefeuille avait 96 % de chances de demeurer au moins intact 30 ans plus tard. Au mieux, il avait considérablement augmenté.

Retirer chaque année 3 ou 4 % de votre portefeuille, ajustés à l’inflation, est un pari sûr. Sans prendre en compte l’inflation, vous pouvez aller jusqu’à 6 %, pour peu que votre portefeuille comporte au moins 50 % d’actions.

Cela dit, attention aux frais : si vous payez 2 % de frais annuels, le pourcentage de succès d’un portefeuille 50 % actions /50 % obligations, auquel on retire chaque année 4 %, tombe à 65 % seulement (d’où l’importance d’investir via des fonds indiciels à faible coût).

Comment puis-je retirer mes 4 % ?

Vous pouvez retirer vos 4 % sur demande, ou en programmant des retraits réguliers mensuels.

Voici comment mettre vos 4 % en actions :

  1. Commencez par utiliser vos revenus d’activité, si vous en percevez.
  2. Vendez les actifs que vous pourriez avoir accumulé avant de mettre les principes du livre en action (des actions individuelles par exemple).
  3. Retirez le reste en vendant des parts de VTSAX et VBTLX.

Certains investisseurs ne veulent vivre que sur les revenus que leur capital génère (dividendes et intérêts des obligations). Si vous choisissez de retirer uniquement les intérêts et dividendes, vous risquez d’être un peu en dessous des 4 % de retrait.

En effet, VTSAX génère environ 2 % de dividendes par an, et VBTLX environ 3 % d’intérêts. Si besoin, vous pourrez compléter en vendant quelques parts.

Par contre, ne définissez pas un retrait automatique de 4 % par an. L’étude académique a montré que la règle des 4 % permettait à un portefeuille de survivre, et même de s’apprécier, dans 96 % des cas.

Si une crise réduit votre portefeuille de moitié, vous feriez bien de réduire également vos dépenses, au lieu de retirer vos 4 % comme d’habitude.

De même, vous pouvez envisager de retirer un peu plus de 4 % si le marché progresse fortement.

Vous pouvez réévaluer la situation, au minimum une fois par an, ou lorsque le marché bouge de +/- 20 %.

La véritable sécurité financière – et la possibilité de profiter pleinement de votre patrimoine – ne peut être trouvée que dans cette flexibilité.

Retraite : quelle retraite et quand la prendre ?

J’ai toujours planifié mes finances comme si la retraite n’existait pas.

Lorsque la retraite a été créée, l’espérance de vie n’était pas la même qu’aujourd’hui. Les gens qui atteignaient la retraite n’avaient pas beaucoup de temps pour en profiter, et des surplus énormes ont été accumulés.

Aujourd’hui, la situation tant à s’inverser. La retraite collective commence à être déficitaire, et les intérêts générés par la somme totale collectée ne suffiront plus à combler l’écart.

Vous pouvez commencer à recevoir la retraite à 62 ans, mais si vous pensez vivre vieux, vous avez intérêt à retarder l’échéance pour gonfler vos mensualités reçues. Autrement, si vous en avez besoin maintenant, inutile d’attendre.

La retraite ne risque pas de disparaître. En revanche, pour les générations à venir :

La retraite est-elle un bon deal ? Pas pour vous qui lisez ce livre. Si vous pouviez investir vous-même vos cotisations retraite avec les stratégies présentées ici, vous en obtiendriez probablement beaucoup plus.

Planifiez votre avenir financier en supposant que la retraite ne sera PAS là pour vous. Vivez en dessous de vos moyens, investissez le surplus, évitez les dettes et accumulez la F-You Money. Soyez indépendant, financièrement et autrement. Si/quand la retraite arrive, profitez-en.

Comment donner comme un milliardaire

Nous aimons assez peu dépenser pour acheter des objets, car nous préférons voyager. Toutefois, les dépenses qui nous ont apporté le plus de satisfaction sont nos dons.

Nous avons donc créé une fondation, en utilisant le programme de dotation pour la charité de Vanguard :

  • Vous pouvez créer votre fondation dès 25 000 $.
  • Vous obtenez une déduction fiscale.
  • Les fonds et titres en plus-value que vous transférez dans votre fondation sont libres d’imposition.
  • Vous pouvez choisir les organisations caritatives que vous financez, et la périodicité de vos dons.

Nous donnons uniquement à travers notre fondation (ce qui nous permet d’éloigner les solliciteurs en tout genre), et à seulement deux organismes, afin de ne pas trop diluer nos dons.

Vous devez faire vos devoirs en vérifiant que les organismes que vous choisissez distribuent bien votre argent aux causes qu’elles prétendent servir.

Bien entendu, vous pouvez donner sans avoir de fondation, et aider en dehors des dons déductibles.

En tant qu’individus, nous n’avons qu’une seule obligation envers la société : S’assurer que nous, et nos enfants, ne soyons pas un fardeau pour les autres. Le reste relève de notre choix personnel. Faites le vôtre et faites du monde un endroit beaucoup plus intéressant.

Postface

Tout ce que vous voulez est de l’autre côté de la peur.

Jack Canfield

Mon chemin pour mon enfant : Les 10 premières années

Voici le plan financier que j’ai suggéré à ma fille, récemment diplômé d’université. C’est un chemin que vous pouvez suivre également :

  • Éviter les dettes. Rien ne vaut de payer des intérêts.
  • Évitez les personnes financièrement irresponsables, et n’en épousez pas une.
  • Passez la prochaine décennie à travailler dur pour développer votre carrière et votre réputation.
  • Ne vous laissez pas piéger par un style de vie hors de prix.
  • Épargnez et investissez si possible 50 % de vos revenus.
  • Alimentez tout plan d’épargne entreprise qui vous est offert
  • Alimentez votre PEA ou votre assurance vie tant que vos revenus et taxes sont faibles.
  • Alimentez votre plan d’épargne retraite lorsque que vos revenus et votre impôt sur le revenu augmentent.
  • Faites ceci pendant 10 ans et vous serez sur la voie de l’indépendance financière.
  • Durant la phase d’accumulation, célébrez chaque chute du marché, car chaque dollar vous permet d’acheter plus d’actions.
  • Ne pensez jamais que vous pouvez anticiper ces chutes.
  • Lorsque 4 % de vos actifs couvriront vos dépenses, considérez-vous comme financièrement indépendant.
  • Tant que vous travaillez, investissez dans VTSAX. Vos apports lisserons la volatilité.
  • Lorsque vous déciderez de ne plus travailler, diversifiez en obligations. Vous obtiendrez moins de volatilité, avec une croissance plus faible.
  • Veillez à maintenir vos dépenses à 4 % de vos actifs.
  • N’achetez une maison que si vous en avez les moyens, et si cela vous apporte le mode de vie souhaité. Une maison n’est pas un investissement, mais un plaisir couteux.

Si vous êtes jeune, votre avenir est brillant. Si vous êtes plus chevronné, il n’est pas trop tard, j’ai dans mon cas mis des décennies à comprendre tout cela.

Il s’agit d’élargir vos possibilités dans la vie.

Quelques réflexions finales sur le risque

L’approche de ce livre est basée sur un marché haussier à long terme. Le Dow Jones a commencé le siècle dernier à 68 points, pour le finir 11 497 points, malgré toutes les guerres, les périodes d’inflation, de déflations, les dépressions…

La sécurité n’existe pas. Vous pouvez seulement choisir quel type de risque prendre :

  • Les actions sont considérées comme très risquées, car volatiles, mais les chances de rendements positifs sur 5 à 10 ans sont très élevées. Sur 20 ans, on est presque sur un enrichissement garanti.
  • Les liquidités sont considérées comme très sûres, mais leur pouvoir d’achat est constamment érodé par l’inflation. Les liquidités sont faites pour les dépenses à court terme, car en détenir sur 10 ou 20 ans vous garantit quasiment une perte.

La volatilité est une bonne façon de penser le risque : Les actions sont plus volatiles que les liquidités, mais ont un rendement potentiel bien plus élevé.

Vous avez maintenant une bonne compréhension de l’investissement, et de comment bâtir votre patrimoine de manière réaliste.

Vous savez que la route de l’enrichissement n’est pas linéaire, et que les chutes du marché sont normales.

Cette connaissance vous permet de ne pas paniquer, et de rester concentré sur votre objectif d’atteindre la liberté financière.

Le chemin est devant vous. Il vous suffit de faire le premier pas et de commencer. Bon voyage !

Mon avis sur « Le Chemin Simple vers la Richesse »

Dans ce livre, JL Collins démontre que s’enrichir grâce au marché boursier est simplissime.

Deux fonds indiciels sont largement suffisants pour établir une stratégie d’enrichissement solide et performante à long terme.

Nul besoin de choisir dans quelle action investir, de prévoir ce que va faire le marché, ni d’écouter les gourous de la presse économique.

Il suffit seulement d’investir régulièrement, et de garder le cap quoiqu’il se passe.

À l’image de la stratégie d’investissement qu’il présente, le livre de JL Collins est simple, efficace et sans chichis.

Les seules choses qui peuvent s’avérer complexes sont les lois, les règles fiscales en vigueur et les types de compte disponibles dans chaque pays. Pas l’investissement en lui-même.

Finalement, la F-You Money, porte d’entrée vers l’indépendance financière, est à la portée de tous. Il suffit d’abord de s’en convaincre soi-même, puis de passer à l’action.

Bien sûr, l’auteur vit outre-Atlantique, et les fonds présentés ne sont pas forcément accessibles en France ni une Europe. Néanmoins, tout ce qui est présenté dans le livre est réplicable, peu importe où vous vous trouvez.

Un léger bémol toutefois. L’auteur a atteint l’indépendance financière rapidement, car il a pu épargner et investir 50 % de ses revenus. Un tel niveau d’épargne nécessite un (très) bon salaire, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde.

Néanmoins, cela ne remet pas en cause les principes du livre. Chacun avance à son rythme : certains atteindront l’indépendance financière en quelques années, d’autres en plusieurs décennies.

Le tout, c’est d’avancer (sur le chemin simple vers la richesse, comme dirait l’auteur), car plus le temps passe, plus votre capital grossit, et plus vous avez d’options en main pour vivre votre vie.

Si vous avez lu « Le Chemin Simple vers la Richesse », n’hésitez pas à partager votre avis en commentaire.

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