Le petit livre pour investir avec bon sens

Le petit livre pour investir avec bon sens

Le petit livre pour investir avec bon sens, John Bogle, 2008, 290 pages.

Le livre en une phrase : La véritable formule pour réussir dans l’investissement est de posséder tout le marché, tout en minimisant le plus possible les coûts des intermédiaires financiers. C’est ce que propose l’investissement indiciel et c’est le sujet de ce livre.

Introduction : Ne laissez pas un jeu gagnant devenir un jeu perdant

L’investissement est simple : il suffit de posséder toutes les sociétés cotées sur le marché pour bénéficier de leurs revenus et de leur croissance.

Les fonds indiciels permettent d’appliquer cette stratégie, et d’investir dans un marché entier.

Les fonds indiciels éliminent le risque des valeurs individuelles, des secteurs du marché et de la sélection du gestionnaire. Seul subsiste le risque boursier.

En possédants les entreprises du marché, les fonds indiciels permettent de capitaliser et d’accumuler de la richesse au fil du temps. Ainsi, un seul dollar aurait rapporté 93,48$ en l’espace de 50 ans au siècle dernier.

En moyenne, les investisseurs ne battent pas le marché. Les vrais gagnants sont les intermédiaires (courtiers, gestionnaires, banquiers), grâce aux frais prélevés aux investisseurs (frais de courtage et de gestion).

L’accumulation des frais transforme l’investissement de jeu gagnant à un jeu perdant.

Les investisseurs qui placent leurs capitaux sur des fonds d’investissement activement gérés sont persuadés de pouvoir facilement choisir les meilleurs gestionnaires de fonds. Ce en quoi ils se trompent.

Les investisseurs qui réussissent achètent tout le marché boursier, puis le conservent à l’infini. Ils investissent de façon simple, et se passent de l’excitation d’acheter/de vendre sans cesse des actions.

Les fonds indiciels leur permettent d’éliminer les coûts excessifs, tout en s’assurant de gagner les bénéfices qui sont distribués par le marché.

Les gestionnaires de fonds (…) font payer à leurs clients de gros frais pour le privilège de leur faire perdre de l’argent…

The Economist

Une parabole

Pour l’ensemble des investisseurs, les retours diminuent lorsque les mouvements augmentent.

Warren Buffett

Il y a un conflit d’intérêt entre les professionnels de la finance et les investisseurs.

Les premiers tentent de faire faire le plus d’opérations possibles aux seconds, afin de générer des frais.

Les seconds doivent au contraire faire le moins d’opérations possibles pour profiter des gains et prospérer. Il leur suffit pour cela d’acheter un fonds indiciel, puis de rester passif.

Le business de l’investissement est une arnaque géante. (…) Parce que les gestionnaires touchent des commissions font payer des coûts de transaction, vous savez que dans l’ensemble, ils suppriment de la valeur.

Jack R. Meyer, ancien président du fonds de dotation d’Harvard

L’exubérance rationnelle

À long terme, la rentabilité du marché boursier est égale au rendement des entreprises (dividendes plus croissance des bénéfices).

Parfois, un écart se creuse entre les deux en fonction des émotions des investisseurs (peur ou cupidité). Mais il y a toujours un retour à la moyenne.

Le rendement des dividendes et la croissance des bénéfices constituent la valeur intrinsèque des entreprises. La différence par rapport au rendement du marché s’explique par le revenu spéculatif, lié au moral des investisseurs.

Le rendement total du marché boursier est donc lié à l’évolution de la valeur intrinsèque des entreprises et du revenu spéculatif.

Des périodes de rendement exceptionnels ont tendance à être suivies de périodes de performance en dessous de la moyenne et vice versa.

Si, à court terme, le marché est dominé par les émotions des investisseurs, à long terme, c’est la croissance de l’économie qui explique le rendement des actions.

C’est pour cette raison que Benjamin Graham estime qu’un investisseur ne peut réussir qu’en oubliant le marché, et en se focalisant sur la valeur réelle des entreprises.

Partagez le sort de l’entreprise

Posséder un portefeuille contenant toutes les entreprises du marché est la garantie de gagner au jeu de l’investissement.

L’indice S&P 500 représentent les valeurs des 500 plus grandes entreprises américaines. L’avantage d’un tel indice, outre le fait qu’il représente 80% du marché américain, est qu’il se renouvelle automatiquement. Nul besoin d’acheter ou de vendre des entreprises.

Détenir le marché sur le long terme est un jeu gagnant, battre le marché est un jeu perdant.

Si le S&P 500 était un fonds d’investissement, il battrait les autres fonds avec une grande régularité : 15 000$ investis en 1976 (un an après la création du premier fonds indiciel, le Vanguard 500 Index Fund) valait 461 771$ en 2006.

Seulement 4% des fonds produisent des résultats après impôts qui battent le marché avec une maigre marge en gains de 0,6% (annuels).

David Swensen, Directeur des investissements de l’Université de Yale

Comment la plupart des investisseurs transforment un jeu gagnant en un jeu perdant

L’ensemble de tous les investisseurs obtient le rendement du marché, mais sans prendre en compte les frais (frais de commissions, de gestion, de courtage, frais opérationnels…).

Battre le marché avant coûts est un jeu à somme nulle; battre le marché après coûts est un jeu perdant.

Les frais totaux des intermédiaires sont de 3 à 3,5%/an, ce qui est énorme dans un marché qui rapporte 10%/an en moyenne.

Des coûts d’investissement annuels de 2,5%/an ont un impact très lourd à long terme, et font disparaître :

  • 21% du capital investi sur 10 ans
  • 50% du capital investi sur 30 ans
  • 69% du capital investi sur 50 ans

Les coûts font la différence entre un investissement réussi et un investissement raté.

La grande illusion

Non seulement les Fonds Communs de Placement (FCP) ont un rendement inférieur à celui obtenu en détenant un fonds S&P 500, mais les investisseurs des FCP touchent un rendement encore bien inférieur.

Cela est lié à un mauvais timing d’investissement.

Enflammés par un optimisme grisant et par la cupidité, attirés par les artifices des marketeurs, les investisseurs ont versé leurs économies dans les FCP lors du pic haussier du marché.

Les investisseurs ont tendance à investir en fonction des rendements récents. Ils ont ainsi injecté deux fois plus d’argent dans les FCP en 2000, lorsque les actions ont atteint des sommets de valorisation, qu’en 1990, lorsqu’elles étaient plus faiblement valorisées.

L’investisseur a donc intérêt à arrêter de chasser les rendements passés, à laisser de côté ses émotions, et à privilégier la gestion indicielle.

La formule gagnante pour réussir dans l’investissement est de posséder tout le marché via un fonds indiciel, et de ne rien faire. Il suffit de tenir jusqu’au bout.

Les taxes sont aussi des coûts

Les fonds gérés activement consistent à négocier régulièrement des actions à court terme, ce qui fait d’eux des fonds peu efficients au niveau fiscal.

Les FCP ont un taux de rotation des actions élevé, de 100% par an, ce qui accroit les taxes. Les fonds indiciels, qui consistent à acheter puis à conserver, ont une rotation de portefeuille beaucoup plus faible, et sont donc moins taxés (dans le système américain, il y a une taxe fédérale sur les transactions).

Fiscalement, les fonds indiciels sont plus efficients, car le fait d’acheter puis de conserver diminue les mouvements de portefeuille, et permet ainsi de reporter la concrétisation des plus-values, qui peuvent donc croître sans être imposées.

À cela s’ajoute le fait que nous payons les taxes en dollars courants, tandis que la richesse ne peut s’accroître qu’en dollars réels, qui sont amputés par l’inflation.

Les rendements des fonds sont anéantis par les coûts, les taxes et l’inflation.

L’inflation étant inévitable, il devient primordial de réduire les taxes et les coûts, ce que permettent les fonds indiciels.

Le bon vieux temps n’est plus

Sur les 25 dernières années (le livre a été écrit en 2007), le rendement spéculatif a été de 3%/an. Le PER (Price Earnings Ratio, l’indice pour mesurer la valorisation des actions) est ainsi passé de 15 à 18.

Si le PER (qui est influencé par la spéculation) se réduit à nouveau, cela diminuera la performance des actions.

Le bon sens nous dit que nous sommes dans une ère de rendements réduits sur les marchés.

Note : Rétrospectivement, les rendements du marché ont continué d’être élevés, et le PER est désormais de 23 en 2020.

Du fait de rendement attendus plus faibles, on peut s’attendre à ce que les rendements des FCP, déjà médiocres, deviennent catastrophiques.

Sélectionner les gagnants à long terme

Les performances passées ne permettent pas de savoir quels seront les FCP les plus performants à l’avenir.

Entre 1970 et 2005, sur les 355 FCP existants au départ :

  • 223 ont fermé (probablement suite à de piètres performances).
  • 60 ont survécu mais ont sous-performé le S&P 500
  • 48 ont eu une performance similaire au S&P 500 (avant les frais)
  • 24 FCP seulement ont battu le marché d’au moins 1%.

Parmi les 24, 9 FCP seulement ont solidement battu le marché, avec une marge de 2% ou plus.

Sur les 9 solides gagnants, 6 ont eu leur pic de performance au début de leur existence, lorsqu’ils étaient petits. À mesure qu’ils grandissaient en recevant l’argent des investisseurs, leur performance s’est peu à peu affaissée.

En 35 ans, seuls 3 fonds actifs ont été excellents en battant le marché de manière soutenue à long terme. Ils représentent seulement 0,84% des FCP engagés au départ.

Choisir un FCP qui fera mieux que le marché sur le long terme est, selon la merveilleuse observation de Cervantès, comme « rechercher l’aiguille dans une botte de foin ».

Il est donc plus judicieux « d’acheter la botte de foin », c’est-à-dire le marché total, via un fonds indiciel.

Gagnants d’hier, perdants de demain

Les investisseurs ont tendance à privilégier les fonds notés 4 ou 5 étoiles sur Morningstar. Cette notation est basée sur les rendements des fonds à court terme.

Entre 1994 et 2004, les fonds 4 ou 5 étoiles ont obtenu un rendement annuel 40% inférieur à celui du marché.

Les 10 meilleurs fonds entre 1997 et 1999, pendant la bulle Internet, se sont tous retrouvés parmi les plus mauvais après l’explosion de la bulle, entre 1999 et 2002. Leur perte moyenne fut de -70%.

Sur l’ensemble de la période 1997-2002, ces fonds gagnants à court terme ont eu un rendement de 13%, tandis que le marché progressait de 30%.

Pour les investisseurs qui croyaient que le passé augurerait de l’avenir, le résultat fut catastrophique.

Chaque année entre 1982 et 2006, les 20 meilleurs fonds de l’année ont en moyenne retrouvé une performance similaire à celle des autres fonds l’année suivante.

Pour un fonds actif, le retour à la moyenne est donc inévitable.

La réalité se fait de plus en plus évidente. Les rendements des fonds semblent être dus au hasard.

Besoin de conseils pour choisir un fonds ?

70% des investisseurs de fonds les choisissent via un intermédiaire qui les conseille.

Malheureusement, les fonds recommandés par des conseillers ne feront, en moyenne, pas mieux que la moyenne des fonds actifs (-2,5% de rendement par rapport au marché).

Une étude de Harvard a même conclu qu’entre 1996 et 2002, les fonds qui ont été conseillés aux investisseurs par des professionnels ont eu un rendement de 3,7% inférieur aux fonds librement choisis par les investisseurs.

En 1993, le New York Times organisa un concours entre des conseillers éminemment reconnus et le fonds indiciel Vanguard 500.

Sept ans plus tard, en 2000, aucun conseiller n’avait réussi à battre le marché (représenté par le Vanguard 500). En moyenne, les conseillers ont obtenu une performance de 40% inférieure à celle du marché. Le Times mit alors fin au concours.

On ne peut s’appuyer sur des conseillers pour ajouter de la valeur en sélectionnant des fonds gagnants.

Les fonds à bas coût

Plus les gestionnaires prennent cher, moins les investisseurs gagnent.

Les coûts d’un fonds ne comprennent pas uniquement les frais de gestion, mais aussi les frais liés à la rotation du portefeuille. Plus la rotation du portefeuille sera élevée, plus les coûts augmenteront en proportion.

Les fonds aux coûts globaux les plus bas ont mécaniquement un rendement net supérieur à ceux qui ont des coûts élevés.

La valeur finale des fonds à bas coûts a plus que triplé en 10 ans tandis que la valeur des fonds à coûts élevés a simplement doublé.

Les fonds ayant les coûts les plus bas sont les fonds indiciels, avec des coûts globaux de 0,2% en moyenne.

Profitez de la majesté de la simplicité

Les preuves du succès de l’investissement indiciel par le passé sont irréfutables et inattaquables.

Si, sur un an, les gestionnaires ont 29% de chances de battre un indice, sur 25 ans, ils n’ont plus que 5% de chance d’y parvenir.

Cependant, tous les fonds indiciels ne se valent pas : certains peuvent avoir des frais de gestion élevés (supérieurs à 0,5%/an), d’autres peuvent avoir des frais d’entrée.

Il existe aujourd’hui une multitude de fonds indiciels, sur des marchés de différentes tailles, secteurs, pays. Ces marchés peuvent être plus ou moins efficients (note : dans un marché efficient, les actifs sont correctement évalués).

Plusieurs études ont montré que quel que soit le marché, les fonds indiciels font mieux que les fonds actifs (les FCP).

Cependant, parier sur un secteur particulier reste un jeu perdant du fait des émotions : les investisseurs parient toujours sur les gagnants d’hier. Mais tout ce qu’ils obtiennent, c’est un retour à la moyenne, souvent douloureux.

Faites attention avant d’essayer de sélectionner le secteur de marché sur lequel parier. Cela peut ne pas être aussi excitant, mais posséder le fonds indiciel classique est la meilleure stratégie. C’est mathématiquement prouvé.

Fonds en obligations et fonds du marché monétaire

Sur le marché des obligations, il est encore plus difficile pour un gestionnaire de se démarquer, car la valeur des obligations dépend des taux d’intérêts, qui sont fixés par la banque centrale.

La performance des fonds obligataire est donc très liée à leurs coûts.

Les fonds indiciels obligataires, comme ceux relatifs aux actions, se démarquent ici aussi par leurs coûts bien plus faibles. Ils figurent ainsi parmi les fonds obligataires les plus performants.

Qu’il s’agisse d’obligations à moyen terme d’État ou d’entreprises, d’obligations municipales (note : une spécificité américaine) à long terme, de bons du Trésor à court terme ou de fonds monétaires (obligations à très court terme), le constat est le même : les fonds actifs à coûts élevés sont les moins performants.

Si vous évitez ces fonds à coûts élevés en faveur de fonds à coûts faibles, vous gagnerez inévitablement des rendements supérieurs.

Les fonds indiciels qui promettent de battre le marché

Depuis le début du premier fonds indiciel en 1975, l’investissement indiciel est une réussite remarquable.

Les actifs des fonds indiciels d’actions sont passés de 16 millions de dollars en 1976, à 369 milliards de dollars en 2006.

Leur développement a entrainé une concurrence qui a tiré les frais encore plus bas.

Pour se démarquer, les créateurs de fonds indiciels créent des indices qui promettent de battre le marché. Ces indices sont pondérés par rapport à la valeur fondamentale ou aux dividendes.

Certains semblent avoir battu le marché dans le passé, mais le feront-ils encore à l’avenir ? Le marché montre historiquement que toute tendance sur un secteur subira ensuite un retour à la moyenne.

Les nouveaux paradigmes (les « Nifty Fifty », « l’effet janvier », les valeurs technologiques), qui apparaissent parfois, ne résistent pas à l’épreuve du temps.

Il est donc plus sage de s’en tenir aux indices traditionnels, pondérés par la capitalisation boursière des titres qui les composent.

Le plus grand ennemi d’un bon plan est le rêve d’un plan parfait. Tenez-vous en au bon plan.

Les fonds indiciels cotés

Les fonds indiciels cotés sont aussi appelés trackers, ou ETF (Exchange Traded Funds).

Le premier ETF créé fut le SPDR en 1992, basé sur le S&P 500.

Les ETF sont l’alter ego des fonds indiciels. Et leur croissance est encore plus rapide. Entre 1999 et 2007, ils ont attirés 90 milliards de dollars de plus que les fonds indiciels.

Les ETF ont une gamme très largement développée : marché global, secteurs de marché, styles d’investissements, pays étrangers, marché obligataire, effet de levier, matières premières…

À la différence des fonds indiciels, les fonds indiciels cotés (ETF) peuvent être négociés toute la journée. Autrement dit, ils peuvent être utilisés à des fins de spéculation, et à très court terme (day-trading).

Le risque des ETF est d’inciter les investisseurs à faire plus de transactions (ce qui crée une inefficience fiscale), et à investir dans des secteurs trop spécifiques, et donc de ne pas diversifier suffisamment.

Les ETF peuvent présenter des coûts supérieurs aux fonds indiciels, notamment pour les ETF sectoriels (note : c’est moins vrai aujourd’hui, car la concurrence a tiré les prix vers le bas).

Si vous aimez l’idée des fonds indiciels cotés sectoriels, (…) utilisez-les à bon escient – avec modération et uniquement pour diversifier votre portefeuille.

Qu’aurait pensé Benjamin Graham de l’investissement indiciel ?

Benjamin Graham fut l’investisseur le plus respecté de son époque, marquée par ses livres: « L’investisseur intelligent » (1949), et « Security Analysis » (1934).

Pour lui, un investisseur agressif devrait parfaitement bien connaître les actions, et pouvoir résonner comme une entreprise. Seulement, comme presque personne n’a le temps de mener des recherches aussi poussées, les investisseurs devraient investir de manière conservatrice.

Graham avait déjà remarqué que les FCP ne permettaient pas de battre le marché, et qu’en plus, leurs frais étaient de plus en plus élevés. Il pensait donc que les investisseurs devaient se satisfaire d’obtenir les rendements du marché.

L’argent réel dans l’investissement devra être gagné (…) non pas en achetant et vendant mais en possédant et gardant des titres, recevant ainsi des intérêts et des dividendes et des augmentations de valeur ».

Benjamin Graham

Cette façon d’investir décrit clairement le fonctionnement des fonds indiciels, que Graham aurait donc clairement approuvé.

Benjamin Graham a par ailleurs reconnu, en 1976, que l’investissement par la valeur, qui lui a longtemps permis de battre le marché, ne donnerait probablement plus de résultats intéressants, du fait de sa grande popularité.

Lorsqu’il est si facile de capter les rendements du marché via un fonds indiciel, vous n’avez pas besoin de prendre des risques supplémentaires à essayer d’atteindre des résultats supérieurs.

Les lois impitoyables de l’humble arithmétique

Les conclusions de ce livre sont partagées par les plus grands investisseurs, par des prix Nobel, par les gérants de fonds de dotation des plus grandes universités, par des gérants de FCP qui sont sortis du lot, par des courtiers ayant pignon sur rue et par des journalistes financiers reconnus.

Presque la totalité des arguments que je présente sont basés sur les « lois impitoyables de l’arithmétique ».

Investir dans un fonds indiciel classique permet de respecter les règles du bons sens :

  1. Les rendements boursiers sont créés par l’économie (dividendes et croissance des bénéfices)
  2. La spéculation a un impact à court terme, mais aucun à long terme : il suffit donc de posséder des entreprises, plutôt que de chercher à négocier sans cesse.
  3. Les entreprises naissent et meurent : la meilleure protection contre ce risque est la diversification
  4. La performance moyenne des investisseurs est égale au rendement moyen du marché
  5. Les investisseurs obtiennent le rendement du marché moins les coûts des intermédiaires financiers
  6. Les investisseurs des FCP obtiennent le rendement du marché, diminué par des coûts élevés, puis par un très mauvais timing dans la sélection de leurs fonds

Le fonds indiciel permet de se protéger contre les deux grands ennemis des investisseurs : les coûts et les émotions.

L’industrie des FCP n’a pas pour intérêt la réussite de ses clients, mais d’accumuler le plus d’actifs possibles sous gestion (ce qui fera grossir ses bénéfices, proportionnellement aux frais qu’elle applique).

Mais l’arithmétique nous dit que les rendements nets des investisseurs correspondent aux rendements moyens moins les coûts.

À force d’ignorer ces règles de bon sens, l’industrie des FPC est donc vouée à décliner lentement, à mesure que les investisseurs agiront avec du bon sens en investissant dans des fonds indiciels.

En investissant régulièrement dans un fonds indiciel, l’investisseur amateur peut battre la plupart des professionnels de l’investissement.

Warren Buffett

Et maintenant, que dois-je faire ?

Les raisons en faveur d’un portefeuille de fonds 100% indiciel sont aussi solides que la pierre.

Si vous avez vraiment besoin de l’excitation procurée par un fonds actif ou par quelques actions individuelles, faites-vous plaisir avec 5% de votre capital, et restez sérieux avec les 95% restants (en vous tournant vers les fonds indiciels).

Au bout de quelques années, vous pourrez comparer le rendement de vos investissements « plaisir » avec vos investissements « sérieux ».

Votre portefeuille « sérieux », composé à 100% de fonds indiciels, devrait être basé principalement sur un fonds d’actions américaines (note : l’auteur est américain). Il est possible de compléter ce portefeuille par :

  • Un fonds indiciel d’actions internationales (20% du portefeuille maximum), ou de marchés émergents
  • Un fonds indiciel d’actions orientées « valeur » (10% max) ou de small caps (actions de petites entreprises, 5% max)
  • Un fonds indiciel obligataire de maturité à moyen terme, entre 5 et 10 ans (la proportion d’obligations en portefeuille dépendra de votre tolérance à la volatilité)
  • Des obligations indexées sur l’inflation, pour se protéger contre l’inflation (note : je suis largement plus convaincu par l’or en tant que protection contre l’inflation, car ce type d’obligations a des performances médiocres lors des longues périodes avec peu d’inflation)

L’allocation d’actifs (la proportion d’actions et d’obligations d’État en portefeuille) est un déterminant important, qui va jouer sur la volatilité du portefeuille.

Plus on vieillit, plus on appréciera un portefeuille plus stable, donc avec une plus grande proportion d’obligations. John Bogle conseille d’avoir une proportion d’obligations égale à son âge. Par exemple :

  • À 20 ans : 20% d’obligations d’État et 80% d’actions
  • À 70 ans : 70% d’obligations d’État et 30% d’actions

Nous ne savons pas à quoi ressemblera le monde de demain, ou dans 10 ans. Cependant :

Nous savons qu’investir entraîne du risque. Mais nous savons également que de ne pas investir nous condamne à l’échec financier.

Mon avis sur « Le petit livre pour investir avec bon sens »

Ce livre est un très bon guide pour tous ceux qui se demandent s’il est pertinent d’investir passivement, avec des fonds indiciels, ou activement.

L’auteur passe une bonne partie du livre à dénoncer l’industrie des FPC (Fonds Communs de Placement), avec raison car c’est un piège, très onéreux, dans lequel tombent encore la majorité des investisseurs.

Il poursuit sa démonstration chiffrée en dévoilant le remède face à tous ces coûts prohibitifs : les fonds indiciels à faibles coûts.

Sa démonstration est simple mais imparable, appuyée par les chiffres, qui « ne mentent pas » : puisque la moyenne des fonds ne peut obtenir que la performance moyenne du marché, les FCP, avec leurs frais excessifs, détruisent une trop grande partie du rendement touché par les investisseurs.

À travers son livre, John Bogle, nous révèle un fait qui pourra étonner : la plupart des investisseurs actifs les plus reconnus (Warren Buffett, Peter Lynch…) recommandent l’investissement indiciel, et donc l’investissement passif.

John Bogle rejette par ailleurs en bloc toutes les tentatives de battre le marché, qui, si elles réussissent pendant un temps, devront un jour subir un retour à la moyenne.

Le nouveau paradigme actuel de l’investissement par les facteurs (le smart beta), ne serait donc que passager, et condamné à passer de mode un jour.

La solidité et la durabilité des facteurs est une question complexe. Certains facteurs semblent en effet moins performants que ce qu’ils promettaient initialement (la valeur, les petites capitalisations, ou les dividendes).

D’autre facteurs, comme la qualité ou le Momentum, semblent en revanche bien plus solides et consistants dans leur tentative (plutôt réussie jusque-là, et même depuis un certain temps) de battre le marché.

John Bogle, « l’inventeur » des fonds indiciels, consacre un chapitre entier (chapitre 15) pour tirer à boulets rouges sur les ETF, qui sont des fonds indiciels cotés. Selon lui, leur risque est qu’ils poussent les investisseurs à se détourner de l’investissement à long terme dans l’ensemble du marché, pour embrasser le court terme et l’investissement sectoriel.

Mais ce risque n’est pas lié directement aux ETF en eux-mêmes, qui offrent effectivement plus de possibilités que les fonds indiciels. Il tient plutôt à la stratégie de l’investisseur, définie en amont.

S’il est vrai que les ETF permettent de spéculer sur les indices, rien n’empêche de les utiliser pour investir à long terme, avec des coûts très faibles.

Il faut peut-être voir dans cette charge la déception de John Bogle, qui a vu sa création (les fonds indiciels) servir d’inspiration pour créer des produits qui « peuvent » être spéculatifs (les ETF); et du fait que les ETF occupent désormais le devant de la scène, devant les fonds indiciels (il le formule lui-même ainsi : « Que reste-t-il de nos amours ? »).

Ce petit livre est néanmoins une très bonne introduction à l’investissement. Il a le mérite de montrer qu’investir est finalement très simple, et à la portée de tout le monde.

Points forts :

  • John Bogle, est considéré comme un des quatre géants de l’investissement du 20ème siècle. Il en fait la démonstration dans ce livre, clair, concis et impactant.
  • À la fin de chaque chapitre, l’auteur nous invite à ne pas le croire sur parole, en s’appuyant sur le discours d’autres investisseurs, qui apportent un point de vue complémentaire, et particulièrement enrichissant.
  • Un livre très facile à lire, avec des chapitres courts, et va toujours droit à l’essentiel

Points faibles (en réalité, je ne trouve aucun point faible à ce livre, je profite donc de cette section pour discuter de certains sujets intéressants qui ont été abordés) :

  • Pour John Bogle, il est vain d’essayer de battre le marché en faisant du market timing. Le pense-t-il vraiment ? Ou adopte-t-il ce point de vue pour protéger les investisseurs ? Toujours est-il que plusieurs études ont démontré que battre le marché est possible et accessible (tant que tout le monde n’investira pas de la même manière, ce qui n’est pas près d’arriver). Je suis cependant d’accord avec lui sur le fait que les débutants, et même la majorité des investisseurs ne devraient pas s’y risquer sans de solides connaissances.
  • John Bogle nous dit qu’on ne doit pas s’attendre à revoir un rendement de 12,5% par an, comme durant les 25 dernières années (le livre a été écrit en 2007). Cependant, la décennie 2010 a prouvé le contraire, puisque le rendement du marché américain a été d’environ 15%/an. Comme il le dit lui-même à la fin du livre, « nous savons que nous ne savons pas ». Quand il s’agit de faire des prévisions, peu importe par qui elles ont été formulées, car personne n’a de boule de cristal.

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